Les cotes d’écoute des débats font un bond

Les chefs de parti, notamment Justin Trudeau, Andrew Scheer et Yves-François Blanchet, ont croisé le fer à deux reprises devant les caméras de télévision au cours de la campagne électorale.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Les chefs de parti, notamment Justin Trudeau, Andrew Scheer et Yves-François Blanchet, ont croisé le fer à deux reprises devant les caméras de télévision au cours de la campagne électorale.

La création de la Commission des débats des chefs par le gouvernement Trudeau a beau avoir été critiquée par plusieurs, les deux joutes oratoires qu’elle a organisées cet automne ont obtenu des cotes d’écoute plus élevées que dans le passé.

Ainsi, le débat des chefs francophone, qui a opposé les six chefs fédéraux il y a trois semaines, a capté l’attention d’un total de 4,2 millions de Canadiens — dont 2,6 millions au Québec et 1,6 million dans le reste du Canada — pour une moyenne de 1,63 million de téléspectateurs par minute. Ce sont par ailleurs 379 000 personnes qui l’ont d’ailleurs suivi en traduction simultanée.

La joute oratoire était diffusée par Radio-Canada, mais aussi V, CBC, CTV, et la chaîne autochtone APTN.

Près de 73 000 auditeurs ont pour leur part suivi le débat à la radio de Radio-Canada et 112 000 sur les plateformes Web des médias partenaires (comme Le Devoir) avec un temps de visionnement moyen d’une heure.

Or, en 2015, seuls 931 000 Québécois avaient syntonisé le débat des chefs en français à Radio-Canada et sur RDI.

Du côté anglophone, ce sont 9,6 millions de Canadiens qui ont jeté un oeil au débat opposant Justin Trudeau, Andrew Scheer, Yves-François Blanchet, Jagmeet Singh, Elizabeth May et Maxime Bernier — 3,9 millions de téléspectateurs en moyenne par minute. Et 850 000 personnes ont écouté les échanges des chefs à la radio de CBC.

Il y a quatre ans, ce débat anglophone n’avait pas eu lieu, car l’ancien premier ministre conservateur Stephen Harper avait décliné l’invitation. S’en était suivie l’organisation de cinq débats à géométrie variable, chacun comptant une combinaison différente des chefs partis y participant.

Les libéraux ont déploré, une fois élus, que ces débats n’aient pas rejoint autant d’électeurs que dans le passé. Et le premier gouvernement de Justin Trudeau a créé la commission des débats pour chapeauter l’organisation d’un débat dans chaque langue officielle.

L’attachée de presse de la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, a réitéré vendredi l’importance qu’accorde son bureau à ces débats.

« Les chiffres d’audience montrent que les Canadiens y voient une opportunité de se renseigner sur les enjeux qui les intéressent », a fait valoir Amy Butcher, en indiquant que la ministre attend avec intérêt le rapport que lui présentera le président de la commission des débats, David Johnston, d’ici le mois d’avril, « y compris de savoir s’il recommandera de créer une entité permanente de Commission des débats des chefs ».

Les deux débats qui ont été organisés cette année en marge de ceux de la commission ont eux aussi eu davantage d’auditeurs.

Le face-à-face de TVA a attiré près de 1,25 million de téléspectateurs cette année sur ses deux chaînes télévisées, avec une moyenne de 1 million de téléspectateurs. Il y a quatre ans, le débat de TVA avait été visionné par 975 000 personnes, pour 871 000 spectateurs en moyenne.

Le débat du magazine Maclean’s — diffusé sur CityTV et la chaîne parlementaire CPAC — a quant à lui enregistré des cotes d’écoute de 1,7 million de personnes (contre 1,5 million en 2015).

Plus de 150 000 internautes ont aussi suivi sa diffusion sur Facebook, mais le temps moyen de visionnement sur le réseau social est généralement assez bas. Les 268 000 internautes qui y ont suivi le débat des chefs francophone sont par exemple restés branchés en moyenne seulement une minute dix-sept secondes.