Le tiers des Canadiens ont voté stratégiquement aux dernières élections, selon un sondage Léger

Même si le vote stratégique a été un facteur dans le scrutin, il n’a pas été la motivation principale de la plupart des électeurs, indique aussi le sondage.
Photo: Tijana Martin La Presse canadienne Même si le vote stratégique a été un facteur dans le scrutin, il n’a pas été la motivation principale de la plupart des électeurs, indique aussi le sondage.

Plus d’un électeur canadien sur trois a voté stratégiquement lors du scrutin fédéral du 21 octobre dernier afin d’empêcher un parti politique d’être élu, selon les résultats d’un nouveau sondage.

35 % des répondants au sondage Léger ont déclaré que leur décision a tenu compte des chances que leur vote empêche la victoire d’un candidat d’un autre parti.

Et presque autant ont attendu la dernière semaine de la campagne pour faire leur choix.

13 % ont dit avoir pris une décision au cours de la dernière semaine de campagne, 6 % au cours du dernier week-end avant le vote de lundi et 10 % ont décidé pour qui voter à la toute dernière minute, le jour du scrutin.

Ces résultats suggèrent qu’un bon nombre d’électeurs ont attendu de voir dans quel sens le vent soufflait avant de voter, motivés au moins en partie par le désir d’empêcher le résultat qu’ils désiraient le moins.

Le sondage en ligne auprès de 1503 adultes canadiens a été réalisé du 22 au 24 octobre pour La Presse canadienne et a été pondéré de manière à refléter la composition de la population du Canada. Aucune marge d’erreur ne peut lui être attribuée, car les sondages basés sur internet ne sont pas considérés comme des échantillons aléatoires.

Les électeurs ayant voté conservateur ont été les plus susceptibles de décider à l’avance à qui donner leur vote.

Au moins 50 % des répondants ayant voté pour les conservateurs ont déclaré avoir fait leur choix avant le début de la campagne. En revanche, seulement 30 % des électeurs ayant choisi les libéraux, 22 % de ceux ayant opté pour les néo-démocrates, 31 % des partisans du Bloc québécois, 35 % de ceux qui ont choisi les verts et 31 % des partisans du Parti populaire du Canada ont dit la même chose.

Au total, 57 % ont déclaré que leur vote était fondé sur leurs convictions politiques, sans aucune considération pour les chances de leurs candidats de gagner.

Si un total de 35 % d’électeurs ont tenu compte du vote stratégique, ce fut le cas, par parti, de 39 % des électeurs conservateurs, 43 % des partisans libéraux, 28 % de néo-démocrates, 18 % de bloquistes, 16 % de verts et 24 % de partisans du Parti populaire.

Mais si le vote stratégique a été un facteur, le sondage permet de croire que ce n’était pas le facteur principal pour la plupart des électeurs. Interrogés sur la raison principale pour laquelle ils ont choisi de voter pour un parti, 37 % ont répondu qu’ils l’avaient fait parce que la plateforme et les valeurs correspondaient aux leurs. 9 % ont déclaré que leur principale motivation était de se débarrasser du gouvernement libéral de Justin Trudeau, 6 % ont dit qu’ils allaient voter contre un autre parti et 4 % ont voté principalement pour le meilleur candidat local.

M. Trudeau a passé la dernière semaine de la campagne à avertir les électeurs progressistes qu’ils devaient voter libéral pour empêcher les conservateurs d’Andrew Scheer de former un gouvernement.

Le sondage suggère qu’il avait de bonnes raisons de craindre que les électeurs progressistes ne divisent leurs votes entre les libéraux, le NPD, les verts et le Bloc québécois.

46 % des répondants qui ont finalement voté libéral ont déclaré avoir envisagé de voter pour le NPD pendant la campagne. 30 % ont dit qu’ils avaient songé à voter Bloc et 29 %, de se tourner vers le Parti vert.

En revanche, ceux qui ont voté conservateur étaient beaucoup moins susceptibles d’avoir envisagé d’autres options. Seulement 18 % ont pensé au NPD, 15 % au Parti populaire, 13 % aux libéraux, 13 % aux verts et 11 % au Bloc.

En fin de compte, les libéraux de Justin Trudeau ont remporté 157 sièges, soit 13 sièges de moins que la majorité. Les conservateurs, qui ont passé la dernière semaine de la campagne à mettre en garde contre une coalition libérale-néo-démocrate, se sont retrouvés avec 121 députés.

Les résultats, combinés aux résultats du récent sondage, suggèrent que « le message des libéraux dans les dernières étapes de la campagne [...] est bien mieux passé que celui des conservateurs », a indiqué Christian Bourque, vice-président à la direction de Léger.

En effet, alors que les libéraux ont pu montrer du doigt le NPD et les verts pour expliquer la perte de leurs appuis, M. Bourque estime que les conservateurs n’ont pas semblé en mesure d’accroître leur soutien dès le début de la campagne.

« Les conservateurs ont simplement eu l’appui de leur base le jour des élections et rien d’autre. »

Parmi ceux qui n’ont pas voté, 15 % ont déclaré qu’ils travaillaient, voyageaient ou n’étaient pas en mesure de voter, 14 % ont dit ne pas avoir le droit de voter, 13 % ont affirmé ne pas faire confiance aux politiciens et 9 % ont indiqué qu’ils ne voulaient pas voter. 3 % ont déclaré avoir trouvé tous les partis décevants, 3 % ont dit que leur vote n’aurait pas été compté, 2 % ont affirmé que le bureau de vote était trop éloigné, 2 % ont dit qu’ils n’avaient pas reçu de carte d’information de l’électeur et 1 % a admis avoir été seulement paresseux.