L’élargissement de Trans Mountain n’est pas négociable, dit Bill Morneau

Les travaux d’élargissement du pipeline Trans Mountain devraient être terminés d’ici le milieu de 2022.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Les travaux d’élargissement du pipeline Trans Mountain devraient être terminés d’ici le milieu de 2022.

Le gouvernement libéral prévoit de toucher 500 millions par année grâce au pipeline Trans Mountain élargi et promet de tout investir dans des sources d’énergie plus propres et des projets qui retirent le carbone de l’atmosphère.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a déclaré cette semaine à La Presse canadienne que le gouvernement libéral minoritaire n’était pas disposé à négocier avec les autres partis fédéraux à propos de l’élargissement de l’oléoduc.

Au contraire, a-t-il déclaré, il s’agit d’un élément crucial du casse-tête du financement de la transition du Canada vers une économie basée sur l’énergie propre.

« Nous l’avons acheté pour une raison, a déclaré M. Morneau. Nous voyons maintenant comment cela peut nous aider à accélérer notre transition vers les énergies propres en intégrant les revenus que nous en tirerons dans cette transition. Nous pensons que c’est la meilleure façon de progresser dans notre contexte actuel. »

Le gouvernement libéral a acheté le pipeline existant pour 4,5 milliards en 2018, afin de surmonter l’opposition du gouvernement de la Colombie-Britannique à l’expansion.

Sur le plan fédéral, les trois partis ayant le plus de points communs avec les libéraux en matière de changement climatique estiment que l’expansion devrait être annulée.

M. Morneau a déclaré que les travaux sur le pipeline étaient en cours et que la décision d’aller de l’avant avait été prise, ce qui signifie qu’il n’y a vraiment aucun moyen de l’utiliser comme monnaie d’échange dans le gouvernement minoritaire.

« Mon attente est que nous ayons beaucoup de points communs avec les autres partis qui ont été élus », a indiqué M. Morneau. « Nous rechercherons un consensus sur la manière dont nous pourrons avancer sur ce terrain d’entente. Ce projet a déjà été lancé. »

Nous voyons maintenant comment cela peut nous aider à accélérer notre transition vers les énergies propres en intégrant les revenus que nous en tirerons dans cette transition.

Les travaux d’élargissement devraient être terminés d’ici le milieu de 2022. La plateforme libérale prévoyait de tirer des revenus de 125 millions de Trans Mountain Canada en 2021-2022, puis de 500 millions lors de chacune des deux années suivantes.

M. Morneau a indiqué que le plan était de le revendre un jour au secteur privé et que tous les revenus de la vente iraient ensuite au développement d’énergie propre et à d’autres projets d’action liés aux changements climatiques.

Divisions au sein de la gauche

Au niveau fédéral, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti vert — qui ont le plus en commun avec les libéraux sur la question de la lutte contre les changements climatiques — pensent que l’expansion devrait être abandonnée.

Le NPD a assez de sièges pour soutenir les libéraux dans une situation de gouvernement minoritaire. Même si le chef du NPD fédéral souhaite plus d’action en faveur du climat, M. Singh n’a pas dit si l’annulation de Trans Mountain serait une condition sine qua non à son appui pour un vote de confiance.

Cette même ambiguïté s’est reflétée lors d’une conférence de presse de groupes environnementaux qui demandaient plus de garanties pour la protection de la nature, jeudi matin à Ottawa.

Questionnée au sujet de l’effet qu’aura Trans Mountain sur les espèces menacées, la directrice des campagnes de Nature Canada, Gauri Sreenivasan, a dénoncé l’« incohérence » dans la position libérale d’aller de l’avant dans son plan de lutte contre les changements climatiques tout en investissant dans les infrastructures pétrolières.

Sandra Schwartz, de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), a rapidement pris ses distances de la position de sa collègue et a dit qu’il y a « des différences d’opinions sur une variété de sujets » au sein du mouvement environnemental.

Avec Catherine Lévesque