Le NPD à des lieues de la percée espérée

Le chef du parti, Jagmeet Singh, attendait les résultats, dans un hôtel de Burnaby, en Colombie-Britannique.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Le chef du parti, Jagmeet Singh, attendait les résultats, dans un hôtel de Burnaby, en Colombie-Britannique.

Ainsi va le Nouveau Parti démocratique au Québec, ainsi vont les néodémocrates au Canada.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le parti n'avait que 25 députés élus ou en avance dont presque la moitié en Colombie-Britannique seulement, à des lieux derrière les libéraux et les conservateurs.

Ses affaires semblaient avoir particulièrement mal tournées au Québec où un seul de ses candidats avait été élu et un autre, Pierre-Luc Dusseault dans Sherbrooke, avait encore des chances de l'être, contre plus d'une trentaine pour le Bloc québécois.

On était loin de l'entrée fracassante du NPD aux élections de 2011 où il avait remporté 59 des 75 sièges au Québec. Cette «vague orange» québécoise l'avait aidé à porter d'un seul coup son total au Canada de 37 à 103 députés leur assurant pour la première fois le statut d’Opposition officielle à la Chambre des communes. Il n’allait toutefois pas parvenir à répéter l’exploit aux élections suivantes en 2015 ne remportant qu’un total de 44 sièges, dont seulement 16 au Québec.

Lui-même réélu dans sa circonscription de Burnaby South en Colombie-Britannique, le chef du NPD, Jagmeet Singh, n'avait toujours par pris la parole à l'autre bout du pays.

Déçus, mais pas surpris

Réunis dans un petit théâtre du quartier Rosemont, les candidats et militants néodémocrates montréalais sont apparus moins surpris que déçus. Comme les occasions d'applaudir les succès de ses candidats ont été rares, on s'est repris en applaudissant les malheurs des autres, dont la défaite dans sa propre circonscription du chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier.

Signe, peut-être, de l'ampleur des dommages qu'on craignait devoir subir cette fois-ci, le chef adjoint du NPD et l'un des seuls députés québécois du parti à avoir été rééludans sa circonscription montréalaise de Rosemont-La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice, a trouvé le moyen de se réjouir du terrain gagné durant les dernières semaines grâce à l'attitude «positive, sincère et souriante» de son chef, Jagmeet Singh. «Il a créé la surprise. On a vu nos appuis dans les sondages monter tout au long de la campagne», a-t-il affirmé attribuant notamment au chef du NPD le mérite d’avoir écarté la menace du Parti Vert qui se dessinait en début de campagne.

«C'était peut-être trop peu trop tard. [Mais] la prochaine fois, les Québécoises et Québécois auront appris à le connaître.» Après tout, a-t-il ajouté en anglais pour des journalistes, c'était une première «d'avoir un chef issu d'une minorité visible et portant des signes religieux».

Arrivée troisième, derrière le libéral Stephen Guilbeault et le bloquiste Michel Duchesne, dans la circonscription montréalaise de Laurier-Sainte-Marie détenue jusque-là par son parti, la candidate néodémocrate, Nimâ Machouf, avait du mal à digérer une défaite qu'elle a attribuée à un vote stratégique contre la perspective d'un gouvernement conservateur. «La peur a vaincu», a-t-elle déclaré à ses partisans. Mais les gouvernements minoritaires ont souvent la vie brève, a-t-elle rappelé avant de leur donner rendez-vous «dans deux ans peut-être».

Gouvernement minoritaire

Alexandre Boulerice a refusé de voir dans le résultat de lundi soir la fin des rêves de son parti au Québec. «Ce n'est pas la dernière période d'un match de hockey, mais la première période d'un nouveau match. […] Nous partons pour Ottawa où se trouvera un gouvernement minoritaire et où l'on aura la balance du pouvoir.»

Ce n’est pas la dernière période d’un match de hockey, mais la première période d’un nouveau match

Il s'est dit prêt «à travailler avec le Parti libéral, le Bloc et le Parti vert».

Et puis, qui sait ce qui peut arriver. «C'est ma troisième campagne où je suis élu député et j'ai connu trois vagues : une orange, une rouge, et cette fois une bleue pâle. C'est ça la politique aujourd'hui.»