Jour de vote sans pépin pour 27 millions d’électeurs

Afin de permettre aux 27,4 millions d’électeurs inscrits d’exercer leur droit de vote, 300 000 employés électoraux étaient à pied d’oeuvre dans 20 000 bureaux.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Afin de permettre aux 27,4 millions d’électeurs inscrits d’exercer leur droit de vote, 300 000 employés électoraux étaient à pied d’oeuvre dans 20 000 bureaux.

Jamais autant de Canadiens n’avaient été convoqués aux urnes. Globalement, la journée électorale de lundi s’est déroulée sans incident, malgré le signalement de quelques appels robotisés trompeurs.

Afin de permettre aux 27,4 millions d’électeurs inscrits d’exercer leur droit de vote, 300 000 employés électoraux étaient à pied d’oeuvre dans 20 000 bureaux d’un bout à l’autre du pays. En début de soirée, Élections Canada ne déplorait aucun problème majeur dans le déroulement de la journée du scrutin.

L’organisme a cependant confirmé qu’il avait été informé d’appels robotisés trompeurs au Québec, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick. Ces appels invitaient à aller voter un jour autre que celui du scrutin. CBC News a lié certains de ces coups de fil à Canada Strong and Proud, un groupe tiers qui milite contre la réélection d’un gouvernement libéral.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le dépouillement des urnes était encore trop peu avancé pour évaluer le taux de participation. Cependant, le recours sans précédent au vote par anticipation laissait présager une participation vigoureuse. La semaine dernière, Élections Canada révélait qu’environ 4,7 millions de personnes avaient voté par anticipation.

Le vote de la jeunesse

À Montréal, lundi après-midi, les électeurs entraient et ressortaient de façon fluide du bureau de vote du centre de loisirs multiethnique Saint-Louis, sur la rue Saint-Urbain.

« C’est compliqué de poser son choix sur une seule personne », confiait Judith, une professionnelle de la santé de 75 ans qui craint que la « folie » de la politique américaine contamine le Canada.

La circonscription de Laurier–Sainte-Marie, où la dame réside, devait être lundi le siège d’une chaude lutte entre les candidats libéral, bloquiste et néodémocrate.

Gabrielle Boudreau, une danseuse de 18 ans, votait quant à elle pour la première fois. « Pour moi, c’était assez facile de choisir », avouait-elle. Mme Boudreau s’est dite insatisfaite de ce que les vieux partis proposent.

Les jeunes, dont l’affluence aux urnes a bondi aux dernières élections, suscitent particulièrement l’intérêt des observateurs de la scène politique. De 2011 à 2015, le taux de participation chez les 18-24 ans est passé de 39 % à 57 % et, chez les 25-34 ans, de 45 % à 57 %.

« On aimerait voir si c’est bien une nouvelle tendance ou si c’était juste une exception », indique Adelina Petit-Vouriot, une analyste de la recherche au Centre Samara pour la démocratie. Les résultats détaillés de la participation ne seront toutefois pas annoncés avant plusieurs semaines.

Un bureau spécial à Winnipeg

Au Manitoba, les membres de 13 communautés autochtones avaient la possibilité de voter à Winnipeg, où plusieurs d’entre eux étaient réfugiés.

Il y a une dizaine de jours, une tempête de neige a frappé de plein fouet la province. La neige lourde, la pluie verglaçante et les vents ont provoqué des pannes électriques importantes, forçant l’évacuation de milliers de membres des Premières Nations vers la capitale provinciale.

Cette mesure spéciale faisait écho à la promesse d’Élections Canada de déployer davantage de bureaux de vote dans les réserves autochtones au pays. Leur nombre est ainsi passé de 296 en 2015 à 365 cette année : une hausse de 23 %.