Andrew Scheer et Justin Trudeau brandissent l’épouvantail souverainiste

L'élan dont bénéficie le Bloc québécois dans la province ne réjouit pas MM. Scheer et Trudeau.
Photo: Chris Wattie La Presse canadienne L'élan dont bénéficie le Bloc québécois dans la province ne réjouit pas MM. Scheer et Trudeau.

La Colombie-Britannique pourrait se révéler déterminante sur le résultat du scrutin de lundi. Ce n’est pas par hasard si quatre chefs y ont déployé dimanche leurs derniers efforts pour séduire l’électorat.

Et deux d’entre eux avaient choisi la même cible : leur adversaire bloquiste Yves-François Blanchet dont l’élan est venu contrarier leurs ambitions.

Il faut dire que M. Blanchet leur avait donné quelques munitions en rappelant la veille lors d’un rassemblement à Saint-Jean-sur-le-Richelieu que le programme de son parti « affirme que la nation devra à nouveau considérer se donner tous les attributs de la souveraineté ».

Il n’en fallait pas plus pour ses adversaires qui ont grossi le trait.

Le conservateur Andrew Scheer, par exemple, a dit que le discours de M. Blanchet a « confirmé » ce qu’il prétend depuis des semaines : le Bloc travaille pour faire avancer l’idée de l’indépendance du Québec. Selon lui, il est « clair » que le Bloc va mettre toutes ses ressources au service du Parti québécois et pour un troisième référendum.

Il a réitéré que le Québec n’a « pas besoin du prochain chef du PQ à Ottawa » qui se prépare à affronter François Legault en 2022 — une hypothèse qui est non fondée.

Le libéral Justin Trudeau a tapé sur le même clou, laissant entendre que M. Blanchet ferait passer son combat pour la souveraineté avant la lutte contre les changements climatiques.

« Les Canadiens doivent se rassembler, a-t-il déclaré. Nous avons vraiment eu droit à un rappel [samedi] soir lorsque le Bloc québécois a dit que sa priorité était la séparation. Il veut diviser le pays, encore une fois. [Son but] n’est pas n’est pas de lutter contre les changements climatiques ou d’arrêter les coupes des conservateurs, non c’est de rouvrir les vieux débats qui nous ramèneraient en arrière. »

Le principal intéressé répond

Yves-François Blanchet juge que les chefs fédéraux s’y prennent assez tard pour évoquer l’épouvantail de la souveraineté.

« Si M. Trudeau voulait parler de la souveraineté, pourquoi ne l’a-t-il pas fait avant ? Pourquoi sort-il de son garde-robe avec ses arguments faux, la veille du vote. Je trouve cela un peu décevant », a-t-il commenté.

Il n’a pu résister au plaisir de narguer son adversaire direct en racontant qu’un grand nombre d’électeurs libéraux de longue date lui avaient confié leur intention de voter pour le Bloc québécois cette fois-ci.

Et à une journaliste qui lui demandait si le Bloc était un parti souverainiste, il a répondu : « On est vraiment rendu à se poser cette question-là à 24 heures du vote ? ».

Plus tard, au cours d’une autre étape de son périple dominical, il s’est moqué de ses adversaires en évoquant une invasion de tarentules et l’atterrissage des extra-terrestres qui suivrait l’élection d’un grand nombre de députés bloquistes.

Plus sérieusement, il a rappelé que la souveraineté n’était pas un enjeu de la présente campagne.

« Si nous sommes des gens convaincus qu’un jour le Québec devrait prendre à bras le corps tous les attributs de la souveraineté, ce n’est pas le mandat de cette élection-ci, a réitéré M. Blanchet. On l’a dit pendant cinq semaines. Cela n’a pas changé aujourd’hui. »

Comme ses homologues, M. Blanchet s’est beaucoup promené au cours de la dernière journée de la campagne, débutant la journée dans sa circonscription de Chambly-Beloeil, avant d’aller à Laval, à Rosemère, à Lavaltrie, à Louiseville et finalement à Trois-Rivières.