Bilan de campagne triomphant à saveur souverainiste pour le Bloc québécois

M. Blanchet est allé jusqu’à citer une fois de plus, en conclusion, le titre de la chanson de campagne de René Lévesque « Demain nous appartient ».
Photo: VALERIAN MAZATAUD LE DEVOIR M. Blanchet est allé jusqu’à citer une fois de plus, en conclusion, le titre de la chanson de campagne de René Lévesque « Demain nous appartient ».

C’est dans un discours éclatant de joie et aux forts accents souverainistes que le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, a dressé samedi soir, à deux jours du scrutin, son bilan de la campagne électorale à l’occasion d’un grand rassemblement à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie.

« On sent que le vent tourne », s’est réjouie d’entrée de jeu l’animatrice de la soirée qui prenait la parole après l’entrée triomphante de son chef accueilli par des militants gonflés à bloc.

Le programme du Bloc québécois, a résumé son chef, est écologiste, progressiste, nationaliste et « il affirme que la nation devra à nouveau considérer se donner tous les attributs de la souveraineté ». Le discours d’une vingtaine de minutes a d’ailleurs largement rappelé que la formation politique est souverainiste.

M. Blanchet est allé jusqu’à citer une fois de plus, en conclusion, le titre de la chanson de campagne de René Lévesque « Demain nous appartient » et des paroles célèbres du discours de défaite de Jacques Parizeau lors du référendum de 1995 qui encourageait les militants du « Oui » à retrousser leurs manches, se cracher dans les mains et à recommencer.

« C’est en restant qui nous sommes, que nous pourrons les amener [les Québécois] à leur rythme, à leur heure, à se dire eux-mêmes tout naturellement que ce qu’ils veulent au fond, c’est vraisemblablement un pays », a dit M. Blanchet, suscitant cris, applaudissements et chants dans la salle.

Ces élections n’ont pas ce thème comme enjeu fondamental, a-t-il immédiatement ensuite reconnu, avant d’ajouter : « Le temps viendra ».

Le chef bloquiste en a profité pour rappeler quelques-unes de ses propositions. Parmi elles, des compensations pour les agriculteurs sous gestion de l’offre, le rétablissement des transferts en santé, la taxation des géants du Web, la revendication de davantage de pouvoirs en immigration pour le Québec et une réforme de l’assurance-emploi.

M. Blanchet s’est targué d’avoir la seule plateforme qui « reconnaisse notre devoir envers la planète ». Il n’a pas manqué au passage de vanter sa proposition de « péréquation verte » visant à punir les provinces qui polluent le plus et à récompenser celles dont le comportement est exemplaire.

Il a également promis que le Bloc déposera un projet de loi visant à obliger le Canada à respecter ses « trop timides » cibles de réduction des gaz à effet de serre.

« Le Canada est un pays pétrolier comme tous ceux que lui-même fait semblant de condamner, a-t-il lancé. Le Canada est à bien des égards plus proche de l’Arabie saoudite ou de la Russie que du Québec. »

M. Blanchet, qui a dit avoir été informé de la présence d’une équipe de télévision catalane, a répété au passage qu’il demande au gouvernement du Canada de « dénoncer la répression violente contre des élus catalans ».

« Nous pourrons de nouveau dire à nos amis écossais et catalans que dans la lutte à l’autodétermination des peuples le Québec est de retour lundi », a-t-il prédit.

Le chef bloquiste prononçait ce discours au terme d’une longue journée qui l’a notamment conduit à Longueuil à la Grande marche du défi Pierre Lavoie et à Sherbrooke au Salon du livre de l’Estrie.