Blanchet invite les Québécois à voter pour ceux en qui ils ont confiance

Yves-François Blanchet a réitéré qu’une fois élus, les députés bloquistes seront prêts à appuyer toute proposition qui serait bonne pour le Québec.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Yves-François Blanchet a réitéré qu’une fois élus, les députés bloquistes seront prêts à appuyer toute proposition qui serait bonne pour le Québec.

Le chef du Bloc québécois ne croit pas que les électeurs au Québec sont sensibles aux appels de ses adversaires. Les conservateurs prétendent qu’un vote pour le Bloc conduirait à l’élection d’un gouvernement libéral ; les libéraux avancent que ce même vote mènerait plutôt à l’élection d’un gouvernement conservateur.

De passage à Candiac, mercredi avant-midi, Yves-François Blanchet a estimé que ces arguments cherchent à éveiller la peur des citoyens.

Les campagnes de peur, a-t-il dit, sont d’habitude dirigées vers les plus vulnérables, souvent les personnes retraitées. Or, a-t-il fait remarquer, les retraités québécois sont ceux qui ont élu René Lévesque.

« C’est des gens qui ne sont plus sensibles aux arguments de la peur », croit-il.

Yves-François Blanchet appelle plutôt les Québécois à voter pour les gens en qui ils ont confiance. Tout en reconnaissant que les enjeux politiques très pointus puissent parfois être très complexes, le chef du Bloc souligne que ce sentiment de confiance, lui, ne se commande pas.

« Les gens doivent se dire elle, quand je la vois et que je l’écoute, j’ai confiance. Lui, quand je le vois et que je l’écoute, j’ai confiance. »

À son avis, c’est là-dessus que devrait se conclure la campagne électorale. La véritable question de l’urne à ce moment-ci de la course, « c’est qui sera digne de la confiance des électeurs du Québec ».

« Qui sera digne de recevoir ce vote ? Qui méritera cette confiance-là ? C’est sur cette réflexion-là que les Québécoises et les Québécois qui n’ont pas encore voté devraient peut-être se pencher », suggère celui qui est candidat dans Beloeil — Chambly.

D’ailleurs, au sujet du discours aux Québécois qu’a prononcé le chef conservateur Andrew Scheer mardi soir, Yves-François Blanchet dit avoir eu l’impression d’assister à la scène « d’un amant évincé qui multiplie les déclarations d’amour pour revenir à la maison avec ses sacs de linge ».

À son avis, M. Scheer a voulu jouer sur les conflits entre l’est et l’ouest du pays pendant longtemps et maintenant il se sent menacé au Québec. Pour le chef du Bloc, cet appel semble assez tardif à une semaine du scrutin.

« Si t’es en amour avec quelqu’un, t’attends pas de te faire sacrer à la porte pour le dire », a-t-il tranché.

« On est parlable »

Yves-François Blanchet a réitéré qu’une fois élus, les députés bloquistes seront prêts à appuyer toute proposition qui serait bonne pour le Québec. Il a cependant insisté sur le fait qu’il ne sera pas question d’alliance ou d’appui systématique.

« On sera parlable, dans le même esprit que pendant la campagne électorale, où on est resté positif avec l’esprit ouvert », assure-t-il.

« Si ce que vous proposez est bon pour le Québec, on va être là », a-t-il poursuivi en donnant comme exemple l’adoption d’une déclaration de revenus unique.

Mais il a tout de même mis en garde les conservateurs de ne pas compter sur le Bloc pour se débarrasser de la taxe carbone.

« Elle peut être améliorée la taxe carbone, mais elle ne doit pas disparaître en s’imaginant que le Saint-Esprit va venir régler les problèmes des changements climatiques », a raillé M. Blanchet.

La position qu’entend adopter le Bloc québécois est de ne pas faire tomber un éventuel gouvernement minoritaire, à moins qu’il ne se voie forcé de le faire. Pour Yves-François Blanchet, la loi sur les élections à date fixe devrait être respectée et la responsabilité de faire fonctionner la Chambre des communes incombe au parti qui détient le plus de sièges.

Toutefois, si par exemple le sort du projet de corridor énergétique des conservateurs devait reposer sur les épaules du Bloc, le parti n’aurait plus le choix.

« D’abord, on va regarder si on peut bloquer la loi sans faire tomber le gouvernement », a-t-il évoqué. Mais si cette option s’avère impossible, Yves-François Blanchet est convaincu que « les Québécois ne nous pardonneraient jamais que l’on exproprie du territoire québécois pour faire passer de force du pétrole des sables bitumineux vers les Maritimes pour son exportation ».

Trois propositions

En parallèle à ces tractations à l’approche du scrutin de lundi prochain, le Bloc québécois entend poursuivre la présentation de sa plateforme. Mardi, il a mis de l’avant trois propositions au sujet du financement des partis politiques, de la déclaration de revenus unique et du fiasco du système de paye Phénix du gouvernement fédéral.

Les bloquistes croient que l’abaissement du plafond fixé pour les dons aux partis politiques permettrait de réduire le cynisme de la population. Il propose de réduire le montant maximum permis de 1600 $ à 500 $. Ce qui permettrait d’éviter la pratique mise de l’avant par les libéraux d’organiser des soirées mondaines à 1500 $ le billet pour avoir accès à des ministres ou même au premier ministre Justin Trudeau.

Pour ce qui est de la déclaration de revenus unique, le candidat dans La Prairie, Alain Therrien, a rappelé les résultats de la recherche qu’il a effectuée pour le compte de l’Institut de recherche sur l’autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI).

Selon les conclusions dévoilées en mars, le gouvernement fédéral pourrait réaliser des économies de 287 millions $ en dépenses administratives ; les entreprises pourraient épargner 99 millions $ et les citoyens verraient également leurs frais de comptabilité réduits.

Finalement, Yves-François Blanchet a qualifié l’affaire du système de paye Phénix de « honteuse ». Les ratés du système informatique qui cumule les erreurs dans les salaires ou qui prive carrément de revenu de nombreux fonctionnaires se poursuivent. Le chef du Bloc exhorte le gouvernement à agir en employeur responsable et de payer ses employés. Il exige qu’une compensation soit versée aux milliers de travailleurs qui ont subi les erreurs de Phénix.