Trudeau demande aux Québécois de ne pas voter pour «une opposition progressiste»

Justin Trudeau était de passage au Jardin botanique à Montréal.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Justin Trudeau était de passage au Jardin botanique à Montréal.

À quelques jours du scrutin de lundi, le chef libéral Justin Trudeau a martelé à maintes reprises son message aux Québécois contre le Bloc québécois, leur disant que s’ils voulaient changer les choses, ils devaient voter « pour un gouvernement progressiste et non une opposition progressiste ».

Au cours d’une conférence de presse mercredi au beau milieu du Jardin botanique à Montréal, entouré de candidats du Québec, le chef libéral s’en est aussi pris une nouvelle fois aux conservateurs d’Andrew Scheer, leur reprochant de mener « une campagne sale » et vicieuse comme on n’en avait jamais vu auparavant.

M. Trudeau a laissé entendre qu’un gouvernement libéral serait ouvert à de plus grandes restrictions en matière de publicité électorale par des tiers.

« Les Canadiens doivent rester forts et, oui, nous devons continuer à développer les bons outils qui protègent à la fois la liberté d’expression et garantissent que les Canadiens peuvent faire des choix en toute connaissance de cause en période électorale », a affirmé le chef libéral.

Les tiers partis qui produisent des publicités doivent s’inscrire auprès d’Élections Canada et divulguer comment ils dépensent de l’argent pour des activités partisanes et où ils ont recueilli les fonds.

Mais une organisation comme le Manning Centre, qui a financé un réseau de pages Facebook anti-PLC, n’a pas à divulguer l’identité de ses donateurs.

L’organisation, créée en 2005 par le fondateur du parti réformiste, Preston Manning, a versé 312 450 $ à un réseau de groupes de publicité tiers actifs sur Facebook et Instagram, a rapporté le Globe and Mail. Selon les formulaires de divulgation déposés auprès d’Élections Canada, le Manning Centre était le seul donateur répertorié par nombre de ces groupes.

M. Trudeau a même mis en garde les électeurs canadiens, en affirmant que, le 22 octobre, ils risquent « de se réveiller avec un gouvernement conservateur, qui ne fera rien contre les changements climatiques », en plus de « faire reculer » le Canada comme lors des années d’austérité de Stephen Harper (l’ancien premier ministre conservateur).

Dans l’action, pas dans l’opposition

Alors que les récents sondages démontrent que le Bloc québécois a gagné en faveur populaire au point d’être devenu une réelle menace pour les libéraux au Québec dans bien des comtés, M. Trudeau l’a attaqué à maintes reprises, affirmant que comme parti d’opposition, il n’avait rien pu faire contre les compressions passées de Stephen Harper.

« Les Québécois veulent être dans l’action, pas dans l’opposition », a-t-il lancé.

« On n’a pas besoin de Québécois à Ottawa pour lutter contre un gouvernement qui est d’accord avec les Québécois, qui représente ces valeurs québécoises », a lancé M. Trudeau, citant les changements climatiques et les droits linguistiques parmi ces « valeurs ».

« Ce n’est pas contre un gouvernement rempli de Québécois que les Québécois ont besoin de lutter », a-t-il ajouté.

Le PC : le retour de l’austérité

Après le Bloc québécois, son autre cible a été celle des conservateurs d’Andrew Scheer, qu’il a constamment associés au laissez-faire face aux changements climatiques et aux coupes passées de Stephen Harper.

Il a résumé le choix qui se posait aux électeurs, lundi prochain, comme celui de « la peur, la division et l’austérité » — représenté par le Parti conservateur — ou celui d’un gouvernement libéral qui veut agir contre les changements climatiques, continuer de combattre la pauvreté, défendre les droits des femmes et les droits linguistiques, entre autres.

Le chef libéral a également soutenu que le Parti conservateur menait une campagne particulièrement « sale » et qu’il cachait la provenance de certains fonds qu’il reçoit.

« Ce n’est aucune surprise que les conservateurs choisissent de cacher de quelles poches profondes ils sont en train de tirer leurs ressources pour lutter [mener] la campagne la plus sale, la plus négative, la plus pleine de désinformation qu’on ait jamais eue de l’histoire du pays », s’est exclamé M. Trudeau.