Jagmeet Singh attaque libéraux et bloquistes

<p>Jagmeet Singh se trouvait au parc Jack-Layton de Hudson, en banlieue de Montréal, et était notamment accompagné de la veuve de l’ancien chef du parti, Olivia Chow.</p>
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne

Jagmeet Singh se trouvait au parc Jack-Layton de Hudson, en banlieue de Montréal, et était notamment accompagné de la veuve de l’ancien chef du parti, Olivia Chow.

C’est en se drapant de l’aura de Jack Layton et en empruntant le slogan du Bloc québécois pour le retourner contre le parti d’Yves-François Blanchet que Jagmeet Singh a entamé sa dernière journée de campagne au Québec, mercredi matin.

Jagmeet Singh s’est présenté au parc Jack Layton, à Hudson, en compagnie de la veuve de ce dernier, Olivia Chow, pour se réclamer de l’héritage de l’ancien chef néodémocrate, qui avait permis à son parti de rafler un invraisemblable 59 sièges sur 75 au Québec en 2011.

« C’est grâce à Jack si le NPD occupe une telle place dans le cœur des Québécois et Québécoises et c’est grâce à lui, en fait, que je suis ici en politique maintenant. Aujourd’hui, nous voulons souligner ce lien et on veut aller de l’avant avec cette inspiration », a-t-il déclaré devant un petit groupe de supporters.

La référence n’était pas anodine ; les 59 circonscriptions néodémocrates portées par le charisme de Jack Layton avaient fondu à 16 aux élections de 2015 et, après les départs de Thomas Mulcair et de Pierre Nantel, il n’en reste plus que 14 qui sont toutes sérieusement menacées cette fois-ci.

Le Bloc et « les idées politiques troublantes »

Or, 45 des 59 circonscriptions néodémocrates de 2011 avaient été ravies au Bloc québécois, dont la députation avait été réduite comme peau de chagrin à quatre députés à l’époque. Mais la formation souverainiste fédérale, qui avait repris un peu de poil de la bête avec 10 sièges en 2015, menace maintenant d’enlever plusieurs sièges à tous les partis, au premier chef un nombre significatif des 14 comtés assiégés du NPD.

Ce n’est donc pas un hasard si le parti de M. Singh s’est donné un slogan de fin de campagne — « Les progressistes, c’est nous » — spécifiquement destiné au Québec et directement emprunté au Bloc, dont le slogan est « Le Québec, c’est nous ».

Car pour M. Singh, la présence de quatre candidats qui ont été rabroués par le chef bloquiste pour avoir véhiculé des propos xénophobes sur les réseaux sociaux dans le passé démontre que ce parti n’est pas progressiste.

« Bien que le Bloc accueille des candidats et candidates de qualité, il y a aussi plusieurs candidats et candidates qui ont des idées politiques troublantes. Ce n’est pas ça un parti progressiste », a-t-il dit.

Ainsi, s’il reconnaît que tous les partis peuvent avoir « de temps en temps des candidats qui ont dit des choses qui ne sont pas acceptables », il ajoute que « c’est la responsabilité du parti et du chef de montrer si c’est acceptable ou non. Ce qu’on a vu avec les révélations et puis les réponses, ce n’était pas la réponse d’un parti qui est vraiment progressiste. »

Poussé un peu plus loin, il a été pris de court lorsqu’on lui a demandé s’il considérait que les propos de ces candidats reflétaient la mentalité du parti et s’il estimait que la formation d’Yves-François Blanchet est xénophobe.

« En fait, je pense que, comment ils ont agi, c’était la bonne façon d’agir. Donc c’est aux gens de décider si oui ou non est-ce qu’ils sont xénophobes ou non, mais je peux dire clairement que ce n’était pas la bonne approche qu’ils ont prise », a-t-il répondu.

Trudeau : progressiste de façade

Jagmeet Singh a par ailleurs complètement ignoré Andrew Scheer, estimant probablement que ce dernier ne représente aucune menace pour les sièges néodémocrates québécois, et s’est plutôt concentré sur Justin Trudeau, l’accusant de n’être qu’un progressiste de façade.

« Le gouvernement Trudeau a montré durant cette campagne qu’il n’a pas le courage ni la conviction de travailler pour vous. Il ne mérite plus votre confiance. Il ne se bat pas pour vous. Il donne de belles paroles en public, c’est vrai, mais en privé, il travaille pour les plus riches, il travaille pour les grands pollueurs », a-t-il fait valoir à plus d’une reprise, invoquant notamment les milliers de rencontres avec des lobbyistes de l’industrie pétrolière et de l’industrie pharmaceutique.

Il a rappelé qu’en début de campagne, plusieurs de ses adversaires espéraient que les électeurs ne s’attardent qu’à son apparence, mais « malheureusement pour eux, nos idées ont répondu aux inquiétudes de beaucoup de gens ».

Il a ainsi conclu que les Québécois appuient les politiques progressistes du NPD, qu’il s’agisse de l’assurance-médicaments universelle, des soins dentaires gratuits, d’une fiscalité plus ferme envers les plus riches et d’une véritable lutte contre les changements climatiques. Il a aussi réaffirmé qu’il partage les mêmes valeurs que les Québécois et que, comme eux, il est en faveur du droit à l’avortement, des mesures pour mourir dans la dignité et du mariage de conjoints du même sexe.

Il a ajouté à cette liste qu’il était en faveur de la séparation de l’Église et de l’État, une référence à la loi 21 sur la laïcité, bien qu’il ait déjà dit qu’il était personnellement opposé à cette législation.