Andrew Scheer fait les yeux doux à Québec et dit oui à presque tout

Andrew Scheer, de passage à Québec, continuait, mardi, de démoniser le scénario d’une coalition libérale-néodémocrate qui, selon lui, conduirait à des augmentations de taxes et de déficits.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Andrew Scheer, de passage à Québec, continuait, mardi, de démoniser le scénario d’une coalition libérale-néodémocrate qui, selon lui, conduirait à des augmentations de taxes et de déficits.

Le chef conservateur dit qu’il travaille pour former un gouvernement majoritaire et prédit qu’il l’obtiendra. Pour ce faire, il dit avoir « besoin de la nation québécoise ».

Andrew Scheer, de passage à Québec mardi, a continué de démoniser le scénario d’une coalition libérale-néodémocrate qui, selon lui, conduirait à des augmentations de taxes et de déficits. Et lorsque les journalistes lui ont fait remarquer qu’aucun des autres partis n’est prêt à travailler avec un gouvernement minoritaire conservateur, M. Scheer a répondu qu’il obtiendra une majorité.

Il n’a pas voulu spéculer sur la possibilité de former un gouvernement minoritaire. « C’est aux analystes de faire des spéculations. Mon rôle, ma responsabilité est de gagner un gouvernement majoritaire le 21 octobre et je vais le faire », a-t-il affirmé.

Le chef conservateur s’est également évertué à souligner toutes les réponses positives qu’il offre au gouvernement de François Legault. Il a préféré passer sous le tapis l’objection du gouvernement caquiste à un « corridor énergétique » qui verrait des oléoducs traverser le Québec.

Troisième lien, déclaration de revenus unique et gérée par Québec, tout ça et bien plus encore, les conservateurs peuvent l’offrir à Québec, a-t-il dit.

« Si les Québécois et Québécoises veulent avoir un gouvernement avec des députés autour de la table de décisions, c’est le Parti conservateur qui peut représenter les Québécois et Québécoises et leurs intérêts », a martelé M. Scheer.

Il a, une fois de plus, présenté le Bloc québécois comme un faux ami du gouvernement Legault. Selon M. Scheer, Yves-François Blanchet ne veut que travailler avec les péquistes à Québec pour un autre référendum sur la souveraineté. Il a martelé que M. Legault n’a pas besoin de M. Blanchet à Ottawa ; les conservateurs livreront la marchandise réclamée par le gouvernement québécois, a-t-il promis.

La remontée du Bloc irrite

La remontée du Bloc dans les sondages irrite visiblement les députés conservateurs sortants qui espéraient avoir plus de facilité à grossir les rangs de leur députation québécoise. Pierre Paul-Hus, qui se représente dans Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, a l’intention de marteler un message pour voter pour un parti qui aspire au pouvoir dans la prochaine semaine.

« C’est toujours facile pour le Bloc […] d’avoir un programme électoral alors qu’ils savent qu’ils ne pourront jamais livrer. Alors, le plus frustrant, c’est peut-être ça. Tu as d’un côté, un parti qui promet des choses qu’il ne pourra jamais faire. Nous, de notre côté, on s’assure que les gens comprennent que s’ils veulent avoir des réalisations, [il faut] voter pour des gens qui peuvent être au gouvernement », a expliqué M. Paul-Hus.

Sa collègue Sylvie Boucher, de la circonscription voisine de Beauport — Côte-de-Beaupré — Île d’Orléans — Charlevoix, admet avoir été surprise par les sondages plus favorables envers les bloquistes. « Non, on n’avait peut-être pas prévu ça, mais moi, je ne suis pas inquiète. Le Bloc ne pourra jamais rien faire à Ottawa », laisse-t-elle tomber. « Moi, pour ma part, ce que je trouve, c’est qu’il perd du temps, parce que c’est à Québec qu’il va faire la souveraineté, pas sur les bancs d’Ottawa. »

Mme Boucher n’a pas voulu pointer du doigt un ou des facteurs qui pourraient expliquer la descente de son parti dans les sondages au profit du Bloc. Il y a « plein de facteurs » qui pourraient l’expliquer, mais la position « pro-vie » de son chef sur l’avortement n’en est pas un, à son avis.

Mardi, M. Scheer a poursuivi sa tournée de promesses pour présenter un aperçu des 100 premiers jours d’un gouvernement conservateur. Il a annoncé qu’il convoquerait une conférence des premiers ministres provinciaux et territoriaux le 6 janvier 2020 pour éliminer les barrières du libre-échange interprovincial.

Il continuera sa journée au Québec avec des arrêts à Trois-Rivières, avant de se diriger vers la Montérégie. Il prononcera mardi soir une allocution sur sa vision pour la nation québécoise.