Des candidats du Bloc ont fait sacrer Blanchet

Le chef du Bloc n’a pas répondu directement à la question de savoir quelle décision il aurait prise s’il avait eu l’occasion de nommer de nouveaux candidats pour remplacer ceux qui se retrouvent dans une situation délicate.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Le chef du Bloc n’a pas répondu directement à la question de savoir quelle décision il aurait prise s’il avait eu l’occasion de nommer de nouveaux candidats pour remplacer ceux qui se retrouvent dans une situation délicate.

Les quatre candidats du Bloc québécois qui ont tenu des propos anti-islam dans le passé doivent-ils le maintien de leur candidature à la tenue imminente de l’élection ? Chose certaine, Yves-François Blanchet a indiqué vendredi qu’il aurait eu une « réflexion sérieuse » sur la pertinence de les accepter dans son équipe s’il avait su ce qu’il sait maintenant.

« La situation ne s’est pas posée », a indiqué le chef du Bloc lors d’un point de presse où il est apparu irrité des questions sur le sujet. Le parti ignorait que les candidats avaient tenu de tels propos lorsqu’ils ont posé leur candidature, a soutenu M. Blanchet. « Mais c’est clair que j’aurais eu un problème avec ça. »

La contrariété que j’ai ressentie lorsque j’ai vu que ces gens, peu importe les raisons, avaient partagé des contenus déplorables et inappropriés ? J’étais… Il y a quelques mots non laïques que j’utiliserais ici.

Le chef du Bloc n’a pas répondu directement à la question de savoir quelle décision il aurait prise s’il avait eu l’occasion de nommer de nouveaux candidats pour remplacer ceux qui se retrouvent dans une situation très délicate. La période de mise en candidature pour les élections du 21 octobre est terminée. « Je ne peux pas répondre à ça de façon claire, il y aurait eu une réflexion différente de ce qui s’est passé. Je ne réécris pas l’histoire dont je ne contrôle pas les variables. »

Des reportages faisaient état jeudi de plusieurs messages à caractère islamophobe publiés dans le passé par quatre candidats du Bloc. Les candidats en cause sont Caroline Desbiens (Beauport-Côte-de-Beaupré-Île d’Orléans-Charlevoix), Lizabel Nitoi (Marc-Aurèle-Fortin), Valérie Tremblay (Chicoutimi-Le Fjord) et Claude Forgues (Sherbrooke).

Dans le cas de Mme Nitoi, elle a diffusé une publication qui dénigrait l’intelligence des musulmans sous prétexte de « consanguinité ».

« La contrariété que j’ai ressentie lorsque j’ai vu que ces gens, peu importe les raisons, avaient partagé des contenus déplorables et inappropriés ? J’étais… Il y a quelques mots non laïques que j’utiliserais ici », a révélé M. Blanchet en point de presse.

Excuses

Les quatre candidats en cause ont publié jeudi le même message : Yves-François Blanchet a indiqué vendredi qu’il l’avait lu et approuvé auparavant. Chaque candidat y disait : « si mon geste a pu offenser, je m’en excuse sincèrement, telle n’était pas mon intention », avant de réitérer son « appui total et complet aux valeurs du Bloc québécois ».

Vendredi, le chef Blanchet a reconnu que les publications de ses candidats avaient « en commun de cibler davantage la communauté musulmane », mais il n’a pas employé le mot islamophobe.

M. Blanchet avait déjà indiqué jeudi qu’il était « très mécontent » de la situation. « J’ai demandé des excuses aux candidats et aucun n’a hésité à présenter des excuses. Moi, comme chef, je pense que c’est mon devoir de m’excuser au nom du parti aux Québécois ».

Mais il avait dès lors exclu de leur montrer la porte : c’est une décision « qui appartient à l’autorité suprême en matière de démocratie, soit les électeurs », a-t-il répété vendredi.

« Suggérer que je fais un compromis sur ce qui est notoirement des valeurs non négociables pour moi à des fins électorales, je ne reçois pas ça de façon particulièrement enthousiaste », a-t-il dit en réponse à une question sur le sujet.

M. Blanchet a expliqué que le processus de vérification des antécédents de ses candidats n’incluait pas « de remonter trois ans » en arrière. « Lorsqu’on a accepté des gens comme candidats potentiels, on fait des vérifications, qui passent notamment par des conversations qui permettent de vérifier de façon certaine que les valeurs de ces gens-là sont conformes aux valeurs du Bloc et de ce qu’on pense être les larges consensus québécois. Maintenant, est-ce qu’on est retourné trois ans [en arrière] ? Ben nous, on n’avait pas de salariés pour faire ça. Manifestement, d’autres en avaient. »

Renseignements

Le Bloc a par ailleurs profité de la matinée pour réitérer son intention de déposer un projet de loi pour protéger les victimes de fuites de renseignements personnels. Les banques se verraient soumises à des mesures de contrôle plus serrées. Le thème a fait l’objet d’un rare consensus lors du débat des chefs présenté jeudi, chaque parti reconnaissant qu’il faut agir sur ce point.