Singh reste vague quant à ses intentions face à la loi québécoise sur la laïcité

Jagmeet Singh était à Toronto, mardi, pour présenter les engagements de son parti envers les jeunes.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Jagmeet Singh était à Toronto, mardi, pour présenter les engagements de son parti envers les jeunes.

Au lendemain du débat en anglais où la loi québécoise sur la laïcité a été abondamment discutée, Jagmeet Singh s’est encore une fois fait demander si un gouvernement néo-démocrate allait, oui ou non, intervenir si le dossier se rendait éventuellement devant la Cour suprême.

Et, encore une fois, M. Singh a contourné la question sans lui donner une réponse claire, se contentant de dire qu’il n’allait pas intervenir dans la contestation actuellement devant la Cour supérieure du Québec.

M. Singh, qui est de confession sikhe, ne cache pas qu’il s’oppose personnellement à la loi interdisant le port de signes religieux par des personnes en position d’autorité, une loi qu’il juge clivante et discriminatoire.

Il a raconté avoir entendu des histoires de jeunes femmes portant le hidjab ou le turban, qui souhaitent enseigner, mais qui ne peuvent plus à cause de la loi.

« Ça me rend triste. [...] Ça fait mal au vivre ensemble, ça fait mal à la société », a-t-il confié.

Il a indiqué qu’il avait pour objectif d’expliquer aux Québécois que le fait qu’il porte turban et barbe ne l’empêche pas de partager leurs valeurs, d’être pour le droit à l’avortement, pour les droits des femmes et de la communauté LGBTQ et pour le droit de mourir dans la dignité.

« Ce que je veux faire, c’est gagner le cœur des gens », a-t-il affirmé.

Il a ajouté qu’à l’opposé, son rival conservateur Andrew Scheer ne porte pas de signes religieux, mais ne partage pas, selon lui, les valeurs des Québécois.

« Peut-être que le vrai problème, c’est les valeurs, pas les signes », a-t-il avancé.

M. Singh a tenu ces propos, mardi, alors qu’il se trouvait à Toronto pour présenter des engagements de son parti visant à convaincre les jeunes de l’appuyer le 21 octobre.

Il a ainsi annoncé qu’une fois élu, il éliminerait immédiatement tout intérêt sur les dettes étudiantes redevables au fédéral.

Il a ajouté que son gouvernement commencerait aussi à remplacer les prêts étudiants par des bourses, pour se diriger vers la gratuité des études postsecondaires.

M. Singh a ensuite répété ses engagements à imposer un plafond pour les frais de téléphonie cellulaire et à créer du logement abordable.

Le Bureau du directeur parlementaire du budget estime que l’élimination de l’intérêt sur tous les prêts étudiants actuels et futurs coûterait environ 200 millions de dollars pour la première année, pour ensuite grimper à plus de 500 millions annuellement.

M. Singh avance de son côté que les mesures proposées par le NPD permettraient aux jeunes d’économiser jusqu’à 1200 $ par année.