Blanchet souhaite l’élection d’un gouvernement minoritaire

Yves-François Blanchet soutient que la loi québécoise de la laïcité relève exclusivement de Québec et souhaite maintenant parler d’autres enjeux.
Photo: Paul Chiasson Archives La Presse canadienne Yves-François Blanchet soutient que la loi québécoise de la laïcité relève exclusivement de Québec et souhaite maintenant parler d’autres enjeux.

Yves-François Blanchet ne s’en cache plus : l’élection d’un gouvernement minoritaire serait selon lui l’outil idéal pour permettre au Bloc québécois de faire avancer l’ensemble des dossiers qui servent les intérêts du Québec puisqu’il pourrait ainsi détenir la balance du pouvoir.

« Si ça nous est offert, on ne le refusera pas », a-t-il d’abord répondu, mardi, à une question sur cette éventualité avant d’ajouter : « Je souhaite le maximum d’influence sur les décisions du Parlement canadien ».

De passage à Saint-Basile-le-Grand, en Montérégie, il a affirmé qu’un parti qui dirigerait un gouvernement minoritaire devrait « respecter la langue, les valeurs, les régions, le modèle, la vision du Québec ».

Il a soutenu que c’est lorsque le Bloc avait détenu la balance du pouvoir dans le gouvernement Harper de 2006 que Gilles Duceppe avait obtenu du gouvernement conservateur qu’il reconnaisse la nation québécoise et règle — du moins partiellement — le déséquilibre fiscal, entre autres.

« C’est très utile comme outil, ce qu’on appelle la balance du pouvoir », a-t-il laissé tomber.

Laïcité : un sujet persistant

Plus tôt dans la journée, le chef bloquiste avait dit en avoir assez de parler de laïcité, un sujet qui, bien qu’important, n’aurait pas dû être un enjeu de la présente campagne électorale.

« Il y a plein de choses dont il faut parler dont on parle trop peu parce que ce sujet-là mange tout l’espace », a-t-il déploré en début de journée.

Cela ne l’a pas empêché de revenir sur le sujet en après-midi, lorsqu’interrogé sur cette apparente exaspération, pour marteler encore une fois que « Justin Trudeau va mettre les ressources de l’État canadien, incluant celles qui viennent des taxes et des impôts des Québécois, pour aller lutter et rendre inopérante une loi québécoise souhaitée par 70 pour cent des Québécois ».

Le Bloc fait tout de même campagne pour défendre la loi sur la laïcité depuis des mois. Son slogan, « Le Québec, c’est nous », se décline d’ailleurs en plusieurs versions, dont « La laïcité, c’est nous », et cet enjeu démontre, selon M. Blanchet, la pertinence de sa formation.

Par ailleurs, la rupture avec l’ère Martine Ouellet est on ne peut plus claire, alors que la question de la souveraineté « n’est pas un thème central de la campagne actuelle », a-t-il dit avant de préciser sa pensée, qui reflète fidèlement le point de discorde qui a failli faire éclater le parti, Mme Ouellet voulant faire de la souveraineté l’unique préoccupation du Bloc, alors que d’autres voyaient plutôt la formation comme un véhicule certes souverainiste, mais d’abord consacré à la défense des intérêts du Québec à Ottawa.

« L’idée ou le projet [de souveraineté], qui est toujours très présent dans nos têtes et nos cœurs à nous, a besoin que le mouvement se reconstruise. Dans l’intervalle, il y a un ensemble d’enjeux cruciaux pour le Québec qu’il n’y a que le Bloc qui porte », a-t-il tranché.

Améliorer la qualité de vie des aînés

Par ailleurs, après avoir promis de se battre pour une augmentation des prestations de retraite et du Supplément de revenu garanti, le Bloc a présenté une nouvelle série d’engagements pour soutenir les aînés, dont des allégements fiscaux pour ne pas les pénaliser s’ils continuent de travailler après leur retraite.

Le parti entend également réclamer une loi qui ferait des caisses de retraite des créanciers prioritaires en cas de faillite, une augmentation du revenu admissible avant qu’une pénalité soit imposée au Supplément de revenu garanti, d’allonger à trois mois le paiement des prestations complètes d’un défunt au conjoint, plutôt que seulement un mois.

De plus il souhaite qu’Ottawa inscrive automatiquement au Supplément de revenu garanti toutes les personnes de 65 ans et plus qui y ont droit mais qui ne le reçoivent pas et qu’il accorde un délai de grâce de trois mois durant lequel se poursuivrait le versement du Supplément aux aînés qui produisent leur rapport d’impôt en retard.

D’autres mesures proposées comprennent une baisse du prix des médicaments, un crédit d’impôt sur les soins à domicile harmonisé avec celui du Québec et qui, donc, serait disponible même pour les aînés semi-autonomes en résidence. Enfin, il se fait le promoteur d’un crédit d’impôt de 500 $ pour les activités liées à la condition physique, les activités artistiques et les loisirs.

M. Blanchet estime que ces mesures, une fois additionnées, « finissent par avoir une incidence importante sur la qualité de vie de nos retraités, de nos aînés et de ceux qui ont construit la société dans laquelle on vit maintenant. On aura beau chialer et faire pas mal de récriminations, le Québec est un extraordinaire endroit où vivre et nous le leur devons. »

En début de campagne, le Bloc québécois avait proposé une hausse annuelle de 1300 $ de la Pension de la sécurité de la vieillesse et de 50 $ par mois du Supplément de revenu garanti.