La double citoyenneté de Scheer plombe sa campagne

Le chef conservateur Andrew Scheer lors d'une annonce à Toronto vendredi.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Le chef conservateur Andrew Scheer lors d'une annonce à Toronto vendredi.

Au 24e jour de la campagne fédérale, vendredi, Andrew Scheer était obligé de justifier sa citoyenneté américaine alors que Justin Trudeau et Jagmeet Singh lui reprochaient, à divers degrés, sa cachotterie.

Jeudi, le Globe and Mail a révélé que le chef conservateur détenait une double citoyenneté et qu’il ne cherche à révoquer l’américaine que depuis le mois d’août, un peu avant le déclenchement de la campagne électorale.

« Tout le monde qui [me connaît], moi et ma famille, sait que mon père est né aux États-Unis », a répété M. Scheer, laissant entendre que « tout le monde » devait donc savoir que lui aussi possédait une citoyenneté américaine.

Il a alors été bombardé de questions. A-t-il voyagé avec un passeport américain lorsqu’il est allé aux États-Unis ? A-t-il soumis une déclaration de revenus aux autorités américaines ? S’est-il inscrit pour la conscription comme l’exige la loi pour tout Américain qui atteint l’âge de 18 ans ? A-t-il révélé sa double citoyenneté lorsqu’il est devenu membre du Conseil privé au moment de prendre la responsabilité de chef de l’opposition ?

Peu de ses réponses ont été directes ou claires.

« J’ai toujours suivi les règles exigées d’un membre du Parlement », a-t-il offert, par exemple.

Réactions libérales et néo-démocrates

« Je pense qu’on devrait être franc avec les Canadiens quand on pose sa candidature pour un emploi visantà servir 37 millions de Canadiens », a lancé le chef libéral au cours d’un point de presse à Québec. Il ne croit pas que de posséder une double citoyenneté « disqualifie » quiconque pour le poste de premier ministre, mais critique plutôt le manque d’« honnêteté » de son rival conservateur.

« Scheer a été hypocrite. Il n’y a pas de surprise là », a lancé Jagmeet Singh, provoquant le rire de ses partisans réunis à Saskatoon. Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) estime toutefois que cette affaire n’est qu’une « distraction ». Il dit avoir bien d’autres raisons de critiquer le chef du Parti conservateur et son offre aux électeurs.

Une promesse conservatrice éclipsée

M. Scheer a donc pu très peu parler de son annonce du jour pour combattre le crime armé.

Un gouvernement conservateur imposerait des peines minimales et plus sévères pour les membres de gangs de rue. Pour ce qui est du contrôle des armes à feu, il ne changerait rien à la liste actuelle des armes interdites ou restreintes. Il s’assurerait seulement que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) contacte toutes les références offertes par une personne qui demande un permis de possession d’armes.

Les libéraux promettent pour leur part d’interdire toutes les armes d’assaut et de récupérer celles légalement en circulation grâce à un programme de rachat. Ils promettent également de négocier avec les provinces pour donner aux municipalités le droit d’interdire les armes de poing sur leurs territoires.