Un gouvernement Scheer ne défendrait pas le droit à l’avortement à l’ONU

Les conservateurs d'Andrew Scheer ont promis de poursuivre la politique d’aide internationale féministe des libéraux s’ils forment le prochain gouvernement, mais ils ne seront pas d’ardents défenseurs de l’avortement.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Les conservateurs d'Andrew Scheer ont promis de poursuivre la politique d’aide internationale féministe des libéraux s’ils forment le prochain gouvernement, mais ils ne seront pas d’ardents défenseurs de l’avortement.

Les conservateurs ont promis de poursuivre la politique d’aide internationale féministe des libéraux s’ils forment le prochain gouvernement, mais ils ne seront pas d’ardents défenseurs de l’avortement non plus.

En fait, dans la bataille onusienne opposant une coalition antiavortement menée par les États-Unis et une autre menée par les Pays-Bas, qui défend les « droits sexuels et reproductifs » des femmes à travers le monde, un gouvernement Scheer n’aurait pris « aucun parti », confirme Rudy Husny, porte-parole du Parti conservateur.

À son avis, c’est une preuve que les conservateurs ne souhaitent pas rouvrir le débat sur l’avortement.

Son chef a repris le même argument lorsqu’il a été questionné sur ce sujet vendredi matin. « On ne va pas avoir un débat divisif ici au Canada ni au niveau international », a déclaré Andrew Scheer au cours d’un point de presse à Etobicoke.

La semaine dernière, lors d’une réunion des Nations unies à New York, l’administration Trump a déclaré qu’il n’y a « pas de droit international à l’avortement » et s’est alliée à 19 autres pays comme l’Arabie saoudite et la Russie pour former une coalition antiavortement.

Leur but : forcer les Nations unies à ne plus référer à la « santé sexuelle et reproductive » des femmes dans leurs documents officiels. Ce sont, en leur sens, des termes trop « ambigus » qui tendent à légitimer le droit à l’avortement et miner le rôle de la famille, à leur avis.

Les Pays-Bas ont ensuite publié une déclaration commune, au nom de 58 pays, pour réaffirmer que la santé sexuelle et reproductive des femmes est une « partie intégrale » de la déclaration politique sur la santé pour tous et des objectifs de développement durable des Nations unies.

Le Canada n’a pas pris position en raison de la période électorale. Mais les libéraux assurent que le Canada aurait cosigné la déclaration des Pays-Bas en temps normal sous leur gouvernement.

Avant le déclenchement des élections, la ministre du Développement international, Maryam Monsef, a écrit aux coprésidents de la réunion pour éviter de « diluer » le texte sur l’accès universel des droits de santé, qui comprend la gamme complète de soins reproductifs, dont l’avortement et les soins maternels.

Le texte adopté par les États membres de l’ONU, la semaine dernière, a finalement fait fi des objections de la coalition antiavortement menée par les États-Unis.

Mais en coulisses, les libéraux disent qu’il y aura d’autres conférences internationales dans les prochains mois pour commémorer la Conférence internationale sur les femmes de Pékin en 1995 — où Hillary Clinton, alors première dame des États-Unis, avaient déclaré que « les droits des femmes sont des droits de l’Homme ».

Ce seront d’autres occasions où le Canada aura à se prononcer sur les droits des femmes et le droit à l’avortement, entre autres.