Andrew Scheer a aussi la nationalité américaine

«Comme des millions de Canadiens, un de mes parents est né dans un autre pays», s'est défendu le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne «Comme des millions de Canadiens, un de mes parents est né dans un autre pays», s'est défendu le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer.

Le chef conservateur Andrew Scheer s’est défendu jeudi de ne pas avoir fait état publiquement de sa citoyenneté américaine en disant que personne ne lui avait posé de question à ce sujet. Toutefois, il avait préféré garder le silence même lorsque ses collègues attaquaient des politiciens rivaux sur leur double citoyenneté.

Le Globe and Mail a rapporté que le père du chef conservateur était né aux États-Unis. En conséquence, M. Scheer et ses soeurs ont aussi obtenu la nationalité américaine. Ils ont tous reçu des passeports américains lorsqu’ils étaient enfants, mais M. Scheer n’a pas renouvelé le sien.

M. Scheer a raconté qu’il n’avait pas renouvelé son passeport américain. Il a aussi rencontré en août des employés consulaires américains afin de lancer le processus de renonciation à sa citoyenneté américaine.

« J’ai pris la décision après être devenu chef du parti, a dit M. Scheer aux journalistes après avoir prononcé un discours devant quelques centaines de partisans lors d’un rassemblement à Bedford, en Nouvelle-Écosse. J’ai porté mon attention sur autres choses. J’avais un parti à rebâtir, je devais être prêt pour les élections, je travaillais à notre programme. J’ai toujours eu l’intention de le faire avant les élections. »

M. Scheer était toutefois resté silencieux lorsque les conservateurs avaient condamné l’ancien chef du NPD, Thomas Mulcair, et l’ancien chef libéral, Stéphane Dion, parce qu’ils avaient aussi la nationalité française, le premier par sa femme, le second par sa mère.

« Personne ne m’a interrogé là-dessus, a-t-il répondu à ceux qui lui demandaient s’il n’avait pas été hypocrite dans ce dossier. Comme des millions de Canadiens, un de mes parents est né dans un autre pays. »

En 2005, lorsqu’il n’était qu’un simple député de l’opposition, M. Scheer avait rédigé une note sur son blogue personnel où il demandait à ses électeurs ce qu’il pensait de la double citoyenneté de Michaëlle Jean, quelques semaines avant que la gouverneure générale n’entre officiellement en fonction.

« Est-ce que cela vous embête qu’elle ait une double citoyenneté française et canadienne ? Est-ce que cela vous embêterait si au lieu de la citoyenneté française, elle avait la citoyenneté américaine ? », avait-il mentionné sans faire référence à sa propre situation.

M. Scheer n’a jamais profité de sa citoyenneté américaine pour voter lors d’une élection aux États-Unis, a ajouté le porte-parole conservateur, Brock Harrison.

Le chef conservateur n’a pu dire si le processus de renonciation arrivera à son terme avant le scrutin du 21 octobre. « J’attends la réponse de l’ambassade américaine, mais c’est l’intention. »

Les partisans conservateurs présents au rassemblement ne semblaient pas réellement préoccupés par cette question.

« C’est chouette ! Il peut aller sans trop de problèmes aux États-Unis, a lancé Gordon Burris. Ce serait formidable s’il avait les deux nationalités. J’aimerais bien que cela soit mon cas. »