Vigie parité fédérale finale: une première élection en zone paritaire

Le NPD enregistre les résultats les plus élevés, avec une parité parfaite au Québec, et quasi parfaite à l’échelle canadienne (49,1%).
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Le NPD enregistre les résultats les plus élevés, avec une parité parfaite au Québec, et quasi parfaite à l’échelle canadienne (49,1%).

Quatre ans après la formation d’un cabinet paritaire à Ottawa, les cinq partis fédéraux font franchir un autre pas à la politique canadienne : pour la première fois, les formations présentes à Ottawa ont réussi à dépasser le seuil de 40 % de candidates à une élection.

Il y a précisément 41,6 % de femmes parmi les candidats du Parti libéral du Canada (PLC), du Parti conservateur du Canada (PCC), du Nouveau Parti démocratique (NPD), du Parti vert du Canada (PVC) et du Bloc québécois, indique le relevé final du projet Vigie parité mené par Le Devoir depuis le 8 mars. La période de mise en candidature pour les élections du 21 octobre est terminée depuis lundi.

Le taux de candidatures féminines s’établit à 43,3 % si on ne considère que le Québec. Dans un cas comme dans l’autre, c’est le NPD qui enregistre les résultats les plus élevés, avec une parité parfaite au Québec, et quasi parfaite à l’échelle canadienne (49,1 %).

 

Au niveau national, le Parti vert suit avec 46,2 %, devant les libéraux (39,4 %) et les conservateurs (31,1 %). Ces deux derniers partis ont amélioré sensiblement la diversité de leur recrutement depuis les élections de 2015 : les libéraux avaient alors eu 31 % de candidates, et les conservateurs 20 %. Les verts et les néodémocrates étaient déjà au-dessus du seuil minimal de la zone paritaire, établi à 40 %.

41,6
C’est le pourcentage de femmes candidates parmi les candidats des cinq principaux partis fédéraux. La période de mise en candidature pour les élections du 21 octobre prochain est terminée depuis lundi.

Le Bloc est l’autre parti qui a fait un bond notable : il y avait 28 % de candidates aux côtés de Gilles Duceppe il y a quatre ans, elles sont maintenant 44,9 % autour d’Yves-François Blanchet. Au Québec, derrière le NPD et le Bloc, on trouve le PVC (42,3 %). Les libéraux et les conservateurs ont chacun recruté 39,7 % de femmes. Cela veut dire que par rapport à 2015, les conservateurs ont plus que triplé le nombre de candidates québécoises.

L’épreuve du scrutin

Le groupe Femmes, politique et démocratie a salué plus tôt cette semaine « la performance et les efforts de chaque parti » au Québec. La présidente de l’organisme, Thérèse Mailloux, a toutefois rappelé que plus de candidates ne garantit pas plus d’élues.

 

Au Québec, les quatre partis provinciaux ont recruté 47 % de candidates en 2018 : or, le pourcentage de femmes élues le 1er octobre a été de 43 %. « Au fédéral, les projections actuelles nous prédisent que la distorsion sera encore plus forte », dit Mme Mailloux en se basant sur les sites de projections de sièges.

Chose certaine, les partis politiques fédéraux ont considérablement augmenté le rythme de nomination des femmes dans les semaines précédant la fin des mises en candidature, montre la Vigie parité. Parmi les 715 premiers candidats investis (soit la moitié des candidats aujourd’hui en lice), on retrouvait environ 35 % de femmes. Si on ne considère que le deuxième bloc de candidats nommés, on dénombre plutôt 48 % de femmes.

Les chiffres de la Vigie parité sont basés sur les informations transmises par les partis et ne comptent que les candidats officiellement investis. Le Parti populaire du Canada n’a pas fourni ces données.