Un gros bond des verts au Québec?

Le Parti vert a été prompt à se réjouir de tels résultats.
Photo: Chad Hipolito La Presse canadienne Le Parti vert a été prompt à se réjouir de tels résultats.

Les verts sont-ils vraiment en deuxième place au Québec ? Un nouveau sondage, effectué par la firme Ekos au cours des derniers jours, indique que le parti d’Elizabeth May recueille 17 % des intentions de vote au Québec. Le sondeur lui-même invite à ne pas tirer trop vite de conclusions, mais y voit le signe que les plaques tectoniques sont peut-être en train de bouger dans la province.

Le coup de sonde a été mené par téléphone sur une période de quatre jours débutant la veille des grandes marches pour le climat et se terminant dimanche. Le Parti libéral trône encore avec 34 % des appuis, mais c’est le Parti vert qui arrive second à 17 % suivi du Parti conservateur et du Bloc québécois à égalité à 14 % chacun, puis du NPD à 13 % et du Parti populaire de Maxime Bernier à 6 %. Ekos a interrogé 1492 personnes, dont 193 personnes au Québec. La marge d’erreur pour la province est donc de plus ou moins 7,1 %.

Le Parti vert a été prompt à se réjouir de tels résultats. « Il s’agit d’une percée sans précédent pour le Parti vert du Canada », a commenté par communiqué le chef adjoint du parti, Daniel Green. « On voit que la vague verte grossit à un rythme extrêmement rapide. »

Le sondeur Frank Graves tente de tempérer de telles conclusions. Il estime que la seule conclusion possible à tirer, avec une telle marge d’erreur, est que « le Parti vert est à égalité avec le Parti conservateur, le NPD et le Bloc québécois ». « C’est quand même surprenant, admet-il néanmoins. Je ne m’attendais pas à ce que les conservateurs soient si bas. Ils semblent être sortis de la course au Québec, ce qui est plus important à noter que cette hausse verte. » Il y voit aussi le signe d’une légère résurgence néodémocrate.

Le sondeur affirme que cette hausse des appuis au Parti vert au Québec est réelle et qu’il la constate depuis une semaine. « Qu’est-ce que ça veut dire ? Peut-être rien. Mais peut-être quelque chose de très significatif aussi. On ne le sait pas encore. Ce qu’on sait, c’est que le Québec est capable de bouger de manière surprenante et on l’a vu en 2011 avec la vague orange, que nous avons d’ailleurs été les premiers à détecter », dit M. Graves. Une vague verte à l’horizon, alors ? « Je ne prédis pas de vague verte, répond-il. Mais il se passe assurément quelque chose. »

Volatilité

La spécialiste des sondages Claire Durand se montre perplexe devant ces résultats, qui tranchent avec ceux colligés par les autres firmes de sondage jusqu’à présent. Le Parti vert, note-t-elle, est plutôt crédité d’appuis oscillant entre 7 % et 8 %. Seule la firme Nanos l’a placé à 14 %, dit-elle. À 17 %, Ekos serait vraiment la plus généreuse.

« Il semble y avoir chez Ekos un biais systématique en faveur du Parti vert au Québec », note-t-elle après avoir analysé les résultats passés de la firme. « Cela pourrait être lié à leur méthodologie. » Mme Durand postule aussi que les marches sur le climat pourraient avoir gonflé momentanément la popularité du Parti vert. Elle en tire surtout la conclusion que les libéraux sont en tête et qu’il y a une grande volatilité entre le Parti vert et le NPD d’un côté, et entre le Parti conservateur et le Bloc québécois de l’autre.