Mais où sont les candidats conservateurs?

Le parti d’Andrew Scheer reproduit la manière de faire campagne qui prévalait à l’époque de Stephen Harper.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le parti d’Andrew Scheer reproduit la manière de faire campagne qui prévalait à l’époque de Stephen Harper.

Le parti d’Andrew Scheer reproduit la manière de faire campagne qui prévalait à l’époque de Stephen Harper. En 2008, les candidats conservateurs avaient reçu une directive leur enjoignant de ne pas s’adresser aux médias pendant la campagne électorale et de ne pas participer aux débats locaux organisés dans leur circonscription. En 2019, il semble qu’une consigne similaire ait été donnée, car aucun des candidats conservateurs contactés par Le Devoir n’a accepté d’accorder d’entrevue.

Dans Richmond Hill, Costa Menegakis tente un retour en politique, lui qui a perdu son siège en 2015. Il affronte le député libéral sortant Majid Jawhari, qui avait remporté la circonscription avec 47 % du vote contre 43 % pour son rival conservateur. Une rencontre avec un journaliste ? « Nous ne sommes pas intéressés », a dit le directeur de campagne, Owen Macri.

Dans la circonscription voisine d’Aurora-Oak Ridges-Richmond Hill, le scénario se répète. La conservatrice est la députée sortante Leona Alleslev, une transfuge qui a quitté le navire libéral il y a un an. La demande d’entrevue est déclinée par sa directrice de campagne, Elisa Damiano. « Malheureusement, Leona n’est pas disponible », a-t-elle répondu, même si Le Devoir avait offert une fenêtre de cinq jours pour une rencontre.

Plus au sud, dans Eglinton-Lawrence, libéraux et conservateurs se livrent aussi une chaude lutte. La candidate conservatrice Chani Aryeh-Bain s’est fait connaître cet été en réclamant un changement de la date du scrutin parce qu’il survenait en même temps qu’une fête juive. Son directeur de campagne, David Hwang, invoque justement la foi de la candidate pour décliner l’entrevue. « Elle dispose de moins de temps de campagne à cause de cela. »

Dans Etobicoke Nord, juste à côté, les nombreux messages téléphoniques laissés à la candidate Sarabjit Kaur sont demeurés sans réponse.

Dans Markham-Stouffville, le refus est encore plus catégorique. Le directeur de campagne, Paul Marks, refuse non seulement d’organiser une entrevue, mais même de fournir l’adresse du local électoral. « On est très occupés. Si vous vous pointez, vous risquez de vous cogner le nez à une porte close », avertit-il.

Et ce n’est pas personnel. Le directeur du mensuel Stouffville Free Press raconte avoir proposé à chaque candidat de la circonscription une entrevue pour rédiger des portraits d’eux. Une belle vitrine pour vendre sa salade à son électorat, dit Bruce Stapley. Pourtant, la campagne conservatrice a décliné son offre. Lors de son passage dans la région de Vancouver, La Presse n’a pas davantage été en mesure de parler aux deux candidats conservateurs contactés.