Ottawa révoque le statut du consul honoraire de Syrie et sympathisant d’Assad

La ministre Chrystia Freeland a affirmé que les opinions exprimées publiquement par Waseem Ramli sont « choquantes et inacceptables ».
Photo: Dave Chidley Archives La Presse canadienne La ministre Chrystia Freeland a affirmé que les opinions exprimées publiquement par Waseem Ramli sont « choquantes et inacceptables ».

La ministre canadienne des Affaires étrangères a finalement révoqué le statut du consul honoraire de Syrie à Montréal, après le tollé soulevé par son soutien au président syrien Bachar al-Assad et ses publications controversées dans les médias sociaux.

«Les opinions exprimées publiquement par Waseem Ramli à la presse et sur les médias sociaux sont choquantes et inacceptables», indique Chrystia Freeland dans un communiqué. «Quiconque partage ces opinions n’aurait jamais dû être autorisé par Affaires mondiales Canada à occuper ce poste. Après avoir examiné la décision du ministère, j’ai chargé les fonctionnaires de révoquer immédiatement son statut.»

Les fonctionnaires avaient approuvé la nomination de M. Ramli au poste de consul honoraire à Montréal cet été, après la nomination de l’homme d’affaires montréalais par le gouvernement syrien. Cette approbation canadienne avait été accordée malgré le soutien très public de M. Ramli au gouvernement Al-Assad, qui a utilisé notamment des armes chimiques pour écraser la dissidence au cours de la guerre civile sanglante qui dure depuis huit ans en Syrie. M. Ramli a aussi publié dans les médias sociaux des messages critiquant les pays occidentaux pour leurs sanctions imposées au régime syrien.

M. Ramli, qui devait occuper ses nouvelles fonctions à compter de lundi prochain, a également qualifié de terroriste l’organisation humanitaire des Casques blancs en Syrie. Ces Casques blancs, des civils bénévoles, ont été salués et soutenus par le Canada et d’autres pays occidentaux pour leur rôle de premiers intervenants qui ont sauvé des centaines de vies pendant cette brutale guerre civile. Le Canada a d’ailleurs accepté d’accueillir l’an dernier des dizaines de casques blancs et leurs proches, craignant les représailles du régime.

«Je tiens à exprimer mes sincères regrets face à la situation difficile que cette candidature a posée à de nombreux Syriens vivant au Canada, y compris aux nombreux braves casques blancs et autres réfugiés qui habitent maintenant dans notre pays et qui peuvent se sentir effrayés et en détresse», conclut la ministre Freeland.

Les fonctionnaires d’Affaires mondiales ont également reçu l’ordre d’examiner la façon dont ces nominations sont traitées, a ajouté Mme Freeland, qui a répété à plusieurs reprises que ni elle ni son personnel politique n’était au courant de cette nomination jusqu’à ce que les médias la rapportent plus tôt cette semaine.

Le Canada a rompu ses relations diplomatiques avec Damas en 2012, mais le gouvernement syrien a maintenu des consulats honoraires à Montréal et à Vancouver, apparemment pour aider les Syriens à régler leurs problèmes de passeports et autres questions administratives.

Certains Syriens ont d’ailleurs exprimé leur inquiétude face aux opinions politiques et aux commentaires antérieurs de M. Ramli sachant qu’il aurait été justement responsable à Montréal de la délivrance de passeports et autres documents officiels au nom du régime Al-Assad.