Les minorités en manque de visibilité

Seul le NPD s’approche d’un ratio de candidats issus des minorités visibles de 21,6%, semblable à celui enregistré au pays par Statistique Canada.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Seul le NPD s’approche d’un ratio de candidats issus des minorités visibles de 21,6%, semblable à celui enregistré au pays par Statistique Canada.

Si les partis politiques fédéraux ont réussi cette année à recruter assez de femmes pour atteindre le seuil minimal de la zone paritaire (40 %), ils demeurent loin du compte en ce qui concerne les minorités visibles : quelque 15 % des candidats sont issus de ce grand groupe, montre une recension faite par Le Devoir.

Seul le Nouveau Parti démocratique (NPD) s’approche d’un ratio de candidats issus des minorités visibles semblable — 21,6 % — à celui enregistré au pays par Statistique Canada. C’est aussi le seul parti à être dirigé par un membre de cette communauté, soit Jagmeet Singh.

Selon le dernier recensement, 22 % de la population canadienne appartient à une minorité visible. Officiellement, la définition de minorité visible retenue par Statistique Canada (et qui vient de la Loi sur l’équité en matière d’emploi) parle des « personnes, autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n’ont pas la peau blanche ». On ne fait donc ici aucune distinction quant au lieu de naissance de la personne, à sa langue maternelle ou à son patronyme.

Derrière le NPD, on trouve à quasi-égalité les libéraux de Justin Trudeau (16,6 % des candidats) et les conservateurs d’Andrew Scheer (15,9 %). Quant au Parti vert du Canada, il se révèle très… blanc. Un peu moins de 10 % de ses candidats appartiennent à une minorité visible.

Le Bloc québécois — dont le slogan est « Le Québec, c’est nous » — fait théoriquement pire, avec 5 %. Il faut toutefois noter qu’au Québec, 11 % de la population appartient à une minorité visible.

Les libéraux et les néodémocrates avaient en 2019 des mesures spécifiques dans leurs processus d’investiture pour attirer davantage de candidats issus des minorités. Le chef libéral s’est d’ailleurs vanté vendredi matin d’avoir des « candidats de toutes sortes d’origines ». « On va continuer d’avoir un gouvernement et un parti qui ressemble au Canada », a-t-il dit.

Mercredi, la dernière recension du projet Vigie parité du Devoir montrait qu’il y avait 40,7 % de femmes parmi les candidats investis par les cinq grands partis fédéraux. Au Québec, ce ratio monte à 43,7 %. Dans un cas comme dans l’autre, c’est la première fois que le seuil de la zone paritaire est atteint pour une élection fédérale.

Ratio de candidats issus des minorités visibles

16,6 % Parti libéral du Canada

15,9 % Parti conservateur du Canada

21,6 % Nouveau Parti démocratique

10 % Parti vert du Canada

5 % Bloc québécois

3 commentaires
  • Robert Sweeny - Abonné 21 septembre 2019 07 h 22

    attention

    Les minorité visibles ne constituent pas une seule communauté.

  • Raynald Collard - Abonné 21 septembre 2019 08 h 55

    "Minorité visible"?

    Bizarre. Quand je croise dans mes lectures cette étrange expression "minorité visible", je vois le mot "racisme" flotter juste au-dessus. Finalement, est-ce que la tempête du "bilack face" à Trudeau n'est pas en train d'ajouter au puzzle la pièce qui nous manquait pour définir le multiculturalisme canadien comme une entreprise raciste de conditionnement des masses? On jase là.

  • Michel Belley - Abonné 22 septembre 2019 11 h 24

    Encore de la ségrégation... contre les gens d'expérience!

    Ce ne sont pas tous les membres des minorités visibles qui sont aussi intéressés à la politique que le groupe majoritaire des hommes blancs. Et ceux qui entrent en politique, venant des minorités visibles, n'ont pas non plus la même expérience. Ce qui revient à dire que favoriser les gens qui viennent de ces minorités, c'est aussi souvent favoriser ceux qui ont moins d'expérience. Est-ce que, comme société, on doit payer ce prix, soit accepter en politique des gens de peu d'expérience au détriment de ceux qui en ont bien davantage?

    Pour illustrer ça, prenons la police, qui voulait augmenter le nombre de policiers venant des minorités visibles. Comme il n'y en avait presque pas qui avaient leur diplôme, les corps de policiers ont mis en place "des mécanismes … pour recruter des personnes n’ayant pas terminé la formation à l’École nationale de police du Québec." https://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/446336/la-surete-du-quebec-cancre-de-la-diversite
    C'est un non-sens!