Jagmeet Singh demeure évasif sur la question de la laïcité

Ottawa — Le chef néodémocrate Jagmeet Singh ne cache pas, depuis des mois, qu’il s’oppose personnellement à la loi québécoise sur la laïcité, qu’il juge discriminatoire. Mais il a refusé d’indiquer, dimanche, s’il la contesterait en tant que premier ministre du Canada. « En ce moment, ce que je peux vous dire, c’est que je comprends que le Québec a la juridiction de légiférer au sein de ses compétences », a-t-il répliqué à la question. « Il y a une contestation judiciaire en cour et cette contestation est très importante. J’appuie le droit de contester cette loi en cour », s’est-il contenté d’affirmer. Invité à deux reprises à préciser s’il se joindrait à une contestation citoyenne ou s’adresserait lui-même à la Cour suprême, M. Singh a refusé de répondre. Il venait de reconnaître, quelques minutes plus tôt, qu’il était délicat de s’opposer à la loi en territoire québécois, où l’interdiction de signes religieux aux fonctionnaires en position d’autorité demeure populaire. « Je sais que c’est difficile de prendre une position contre à la loi 21, en particulier au Québec. Ce serait plus facile de dire que je pense que c’est une bonne loi. Mais je veux montrer que je n’ai pas peur des défis », a plaidé M. Singh. Le chef libéral Justin Trudeau a confirmé vendredi qu’il ne fermait pas la porte à une intervention éventuelle du fédéral devant les tribunaux. Car arguer le contraire serait « irresponsable », a-t-il fait valoir. Le chef conservateur Andrew Scheer a statué qu’il n’interviendrait jamais, même s’il n’appuierait pas une telle loi au fédéral.