Scheer juge que Trudeau a trop concédé dans le nouvel ALENA

Malgré ses réserves au sujet de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, Andrew Scheer dit qu’il tentera de le faire ratifier, car faire marche arrière créerait un désastre pour l’économie canadienne.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Malgré ses réserves au sujet de l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, Andrew Scheer dit qu’il tentera de le faire ratifier, car faire marche arrière créerait un désastre pour l’économie canadienne.

Le chef conservateur Andrew Scheer ratifiera le nouvel accord de libre-échange nord-américain s’il devenait premier ministre, même si, selon lui, le Canada a été mené en bateau par le président américain Donald Trump.

M. Scheer s’est entretenu avec les journalistes lors d’un vol qui l’a amené à Vancouver, dans la nuit de samedi à dimanche. Il veut tenter de relancer sa campagne sur un bon pied après avoir dû tenter de passer une autre journée à défendre une candidate ayant un passé controversé.

Depuis jeudi, M. Scheer a montré la porte à un candidat et a dû se porter à la défense de quatre autres ayant tenu des propos malheureux sur l’avortement, les droits des transgenres, des musulmans et les francophones. Ces propos ont été déterrés par une équipe de recherchistes libéraux qui scrutent les réseaux sociaux à la loupe.

Si Cameron Ogilvie a dû renoncer à la candidature dans Winnipeg-Nord après avoir exprimé des opinions racistes sur les réseaux sociaux, les quatre apprentis politiciens ont reçu l’appui de leur chef.

M. Scheer a déclaré que si ces candidats étaient prêts à reconnaître leurs torts et à présenter des excuses, il ne verrait pas pourquoi il devrait les empêcher de postuler à un mandat électif.

Ghada Melek, qui se présente dans la circonscription de Mississauga-Streetsville, à qui les progressistes-conservateurs ontariens avaient refusé qu’elle se porte candidate pour eux aux dernières élections provinciales, a présenté des excuses écrites pour des commentaires islamophobes. Elle a dit qu’elle comprend maintenant qu’ils étaient insultants.

« Les Canadiens savent que les gens peuvent faire des erreurs par le passé », a dit M. Scheer, ajoutant que chaque cas sera évalué individuellement.

Le chef conservateur reconnaît qu’il préférerait parler des sujets qui préoccupent les Canadiens et du bilan du gouvernement libéral.

Libre-échange

Dans une entrevue parue la veille dans le Globe and Mail, M. Scheer a laissé entendre que Justin Trudeau avait dû céder plusieurs concessions à Donald Trump lors des négociations entourant la nouvelle entente de libre-échange nord-américain, l’an dernier.

« Il est très évident qu’au cours des dernières heures des négociations, M. Trump a fait monter les enchères et a obtenu concession sur concession. M. Trudeau a simplement capitulé. Il s’est fait tout prendre parce qu’il s’est placé dans une position précaire », a-t-il soutenu.

Selon lui, l’accord résultant était un désastre pour les travailleurs de l’automobile et les producteurs laitiers en particulier.

Cependant, malgré ses réserves au sujet de l’accord, M. Scheer dit qu’il tentera de le faire ratifier, car faire marche arrière créerait un désastre pour l’économie canadienne.

« Je crois que le mieux pour l’économie canadienne est de prendre ce que nous avons et d’essayer d’améliorer l’entente, a-t-il souligné. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour améliorer l’accord sans le rouvrir dans son intégralité, car je reconnais que cela créerait une énorme incertitude pour notre économie. »

Le chef conservateur n’a pas précisé les améliorations qu’il essaierait d’apporter à l’accord commercial.

M. Scheer fait campagne dimanche en Colombie-Britannique, se rendant dans des circonscriptions qui n’avaient pas accordé leur confiance à un candidat conservateur en 2015.