Un gouvernement Trudeau 2 contesterait-il la Loi sur la laïcité de l'État?

«Je pense que tous les Québécois savent que je suis quelqu’un qui va toujours défendre les libertés et les droits fondamentaux», a répété Justin Trudeau lors d’un arrêt à Trois-Rivières, au cœur d’une région résolument caquiste.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne «Je pense que tous les Québécois savent que je suis quelqu’un qui va toujours défendre les libertés et les droits fondamentaux», a répété Justin Trudeau lors d’un arrêt à Trois-Rivières, au cœur d’une région résolument caquiste.

Un gouvernement Trudeau 2 pourrait-il contester la Loi sur la laïcité de l'État? À cette question qui revient depuis le début de la campagne électorale, le chef libéral a réitéré vendredi qu’il garde cette porte ouverte… ajoutant que ce ne sera pas une « surprise » s’il se porte à la défense des droits et libertés.

« Je pense que tous les Québécois savent que je suis quelqu’un qui va toujours défendre les libertés et les droits fondamentaux, a-t-il dit lors d’un arrêt à Trois-Rivières, au cœur d’une région résolument caquiste. Il n’y aura aucune surprise à ce que je [sois] là pour défendre les droits des Canadiens. »

Le chef libéral ne dit pas clairement qu’il contestera la loi devant la Cour suprême, mais il affirme qu’il serait « irresponsable qu’un gouvernement fédéral décide de fermer la porte à tout jamais […] sur une intervention éventuelle ».

« Je ne pense pas qu’un gouvernement devrait légiférer sur ce que les gens portent ou pas [comme vêtement], a-t-il lancé. Une société libre ne devrait pas permettre de discrimination. Des Québécois vont eux-mêmes contester la loi devant la cour, c’est comme ça que la Charte doit fonctionner. Je suis très attentivement ce processus, mais pour l’instant je considère qu’il serait contre-productif pour le fédéral de s’engager dans une contestation. »

Selon sa candidate dans Trois-Rivières, Valérie Renaud-Martin, « ce n’est pas un enjeu dont on parle sur le terrain ». Ainsi, elle ne craint pas les répercussions d’une éventuelle contestation, par le fédéral, d’une loi québécoise appuyée par une majorité de la population. « Je ne pense pas que ça va avoir un impact, a-t-elle dit en marge du point de presse. Je crois que les gens sont conscients que le Parti libéral du Canada n’est pas en faveur [de la loi], parce qu’il défend les droits et libertés.»

Mme Renaud-Martin affronte dans Trois-Rivières l'ancien maire Yves Lévesque (conservateur) et le député sortant Robert Aubin (néodémocrate).

Aide aux PME

Pour son premier arrêt québécois de la campagne, M. Trudeau avait choisi une PME mauricienne de moteurs électriques pour véhicules. Le chef libéral a notamment promis d’éliminer les frais prélevés sur le montant de la TPS/TVH lors des transactions effectuées par carte de crédit (ce qui représenterait environ 500 millions en économies annuelles pour les entreprises).

Les frais de constitution en société de régime fédéral seraient réduits de 75 %, alors que les frais liés aux services-conseils fournis aux entreprises par la Banque de développement du Canada, Exportation et développement Canada et Financement agricole Canada seraient quant à eux éliminés.

M. Trudeau fera un arrêt cet après-midi à Longueuil pour présenter son candidat Réjean Hébert (ancien ministre péquiste), avant de tenir son premier rassemblement partisan à Montréal ce soir.