Un nouveau parti souverainiste dans l’arène fédérale

Le «Parti pour l’indépendance du Québec» a été approuvé par Élections Canada mercredi et compte présenter des candidats dès la présente campagne électorale.
Photo: Adrian Wyld Archives La Presse canadienne Le «Parti pour l’indépendance du Québec» a été approuvé par Élections Canada mercredi et compte présenter des candidats dès la présente campagne électorale.

Le Québec compte maintenant un nouveau parti souverainiste dans l’arène fédérale, a appris Le Devoir. Le « Parti pour l’indépendance du Québec » a été approuvé par Élections Canada mercredi et compte présenter des candidats dès la présente campagne électorale.

Les instigateurs de la formation politique accusaient le Bloc québécois, depuis quelques mois, de ne pas défendre avec suffisamment de vigueur l’indépendance du Québec. Ce qu’entendent corriger les militants du nouveau parti, qui compterait 700 membres selon ses organisateurs.

Le Parti pour l’indépendance du Québec a déjà un site Web et un logo qui met en évidence les lettres P et I — pour qu’à l’oral on entende « pays ». Les documents d’Élections Canada indiquent que le chef est Michel Blondin, l’ancien président d’association bloquiste de la circonscription de Châteauguay-Lacolle. Il ne manque plus qu’au parti de présenter des candidats électoraux afin de devenir une formation officiellement enregistrée auprès d’Élections Canada.

Les militants du parti ont bien l’intention de briguer certaines circonscriptions, même s’ils ne seront pas présents dans les 78 circonscriptions du Québec. Les noms de leurs candidats seront révélés la semaine prochaine, selon nos informations.

Même si le parti est né d’une insatisfaction envers le Bloc québécois, ses créateurs nient avoir œuvré dans le but de nuire aux bloquistes. « Ce n’est pas une attaque directe contre le Bloc québécois. On n’est pas en guerre, plaide-t-on dans l’équipe. Notre objectif est de rendre à bon terme notre idéologie. »

L’importance de la défense de la souveraineté au sein de la mission du Bloc a suscité de nombreux débats au cours des dernières années, notamment sous le règne de l’ancienne cheffe Martine Ouellet, qui avait tenté d’en faire l’objectif premier du parti. Ses opposants préféraient défendre la souveraineté en continuant de défendre tout autant les intérêts du Québec à Ottawa. Les instigateurs du nouveau Parti pour l’indépendance du Québec étaient des partisans de Mme Ouellet. Ils ont en outre soutenu le militant Jean-Jacques Nantel lorsqu’il a tenté sans succès de se porter candidat à la chefferie contre le chef actuel, Yves-François Blanchet. Ils se défendent cependant d’être revanchards. Leur parti, disent-ils, « n’est pas lancé émotivement ».

Le site Internet du Parti pour l’indépendance du Québec indique qu’il « sera présent et actif à tous les paliers de gouvernance parlementaire » et « unira l’ensemble des membres en un seul parti pour faire du Québec au pays ». Ce qui laisse présager une formation qui tenterait d’évoluer à la fois sur les scènes fédérale et provinciale, comme Martine Ouellet souhaitait le faire au Bloc avec son idée de transparlementarisme.