Le NPD cible la région de Brampton avec la promesse d’un hôpital

M. Singh a admis qu’il pourrait avoir de la difficulté à tenir sa promesse, étant donné que le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford aurait le dernier mot sur le projet.
Photo: Christopher Katsarov La Presse canadienne M. Singh a admis qu’il pourrait avoir de la difficulté à tenir sa promesse, étant donné que le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford aurait le dernier mot sur le projet.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, est retourné à ses racines de politicien provincial jeudi matin en promettant de construire un hôpital dans la ville ontarienne de Brampton s’il devient premier ministre du Canada.

Il a pris cet engagement malgré le fait que les hôpitaux sont de compétence provinciale, et la promesse laisse croire que les néodémocrates ciblent précisément des régions où ils croient avoir des chances de gagner quelques sièges.

M. Singh a d’ailleurs admis qu’il pourrait avoir de la difficulté à tenir sa promesse, étant donné que le gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford aurait le dernier mot sur le projet.

« Ce sera difficile de travailler avec un premier ministre conservateur qui n’a pas fait des soins de santé sa priorité et qui a plutôt choisi de couper dans les services, a concédé le chef néodémocrate. Mais si on démontre de la conviction et que l’on met de l’argent sur la table, je ne vois pas pourquoi un premier ministre dirait non à un tel projet. »

L’annonce de la journée portait principalement sur la région de Brampton, qui compte cinq circonscriptions, toutes remportées par les libéraux en 2015. Cependant, Jagmeet Singh connaît bien l’endroit, qu’il a représenté lorsqu’il était chef adjoint des néodémocrates de l’Ontario. Par ailleurs, une importante communauté d’Asie du Sud vit dans la région. Le chef a même répondu à une question en pendjabi, une langue parlée dans le nord-ouest de l’Inde.

 
 

Malgré l’enjeu très local, Jagmeet Singh a tout de même tenté de tisser des liens avec de plus larges promesses de son parti, dont celle de créer un régime d’assurance médicaments universel et public dès 2020. Les Canadiens économiseraient 4,2 milliards par année grâce à ce système, selon le NPD.

M. Singh a reproché aux précédents gouvernements libéraux et conservateurs de ne pas avoir assez investi dans les soins de santé. Le NPD promet d’injecter 10 milliards pour réduire les délais d’attente et améliorer l’accès aux soins.

Pour financer ces mesures, les néodémocrates souhaitent mettre fin aux échappatoires et aux allégements fiscaux dont bénéficient les grandes sociétés et créer un nouvel impôt de 1 % sur la richesse des « multimillionnaires ayant une fortune de plus de 20 millions ».

Élargir l’aide médicale à mourir

Au lendemain d’un important jugement rendu par la Cour supérieure du Québec invalidant certains critères jugés discriminatoires dans la Loi sur l’aide médicale à mourir, le chef néodémocrate s’est dit ouvert à une « grande conversation » pour en élargir l’accès.

« Je suis ouvert à m’assurer que tout le monde qui a besoin de ce service puisse y avoir accès. C’est tellement important pour la dignité », a-t-il déclaré en français au cours de sa conférence de presse.

Jagmeet Singh en a profité pour écorcher le gouvernement libéral sortant qui, selon lui, « n’a pas fait le travail » correctement.

En marge de son annonce, le chef du NPD a également dû défendre le fait que les néodémocrates n’ont toujours pas de candidat dans toutes les circonscriptions du pays, attribuant le retard à ses efforts pour assurer la diversité du parti. Près de 100 circonscriptions n’avaient toujours pas de candidat officiel mercredi.

Il semble également que le parti cherche à limiter ses dépenses en ce début de course en raison de sa situation financière précaire. De faibles collectes de fonds au cours des dernières années ont compliqué le remboursement de la dette du NPD contractée lors des élections de 2015.

M. Singh participera au premier débat de la campagne mercredi soir, avec les chefs Andrew Scheer du Parti conservateur et Elizabeth May du Parti vert. Le chef libéral Justin Trudeau a confirmé qu’il n’y participerait pas.