«Percer»: le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier

Maxime Bernier
Photo: Montage Le Devoir Maxime Bernier

Chef d’un parti comptant un seul député, Maxime Bernier devra avant tout réussir à se faire voir — sur le terrain, mais aussi dans les médias — s’il veut espérer pouvoir séduire suffisamment d’électeurs pour que son pari de créer sa formation ne s’avère pas un échec. Et ce, tout en faisant campagne dans sa propre circonscription, où les conservateurs promettent de lui mener une chaude lutte.

Le député beauceron a claqué la porte du Parti conservateur l’an dernier, après avoir perdu la course à la chefferie avec à peine un point de pourcentage de moins qu’Andrew Scheer. Maxime Bernier était insatisfait des positions politiques du nouveau chef. Il a décidé de lancer son Parti populaire du Canada pour cesser de céder à la « rectitude politique » qu’il reproche à ses anciens collègues.

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Le PPC visait ainsi à défendre les idées libertariennes de M. Bernier, qui avaient reçu beaucoup d’appuis lors de la course à la chefferie : abolition de la gestion de l’offre, fin des subventions fédérales aux entreprises comme Bombardier, révision de la formule de péréquation.

Faux pas

Si la promesse de son nouveau parti semblait attirer plusieurs conservateurs au départ, Maxime Bernier doit maintenant se contenter d’un niveau d’appui qui oscille autour de 2-3 % dans les sondages. Certains membres de son parti ont dénoncé la présence de militants qu’ils qualifient d’extrême droite. M. Bernier a quant à lui dû se défendre d’en avoir accueilli dans ses rassemblements. Le chef a aussi été contraint de rétracter ses critiques à l’endroit de la jeune militante environnementaliste Greta Thunberg, qu’il a qualifiée de « mentalement instable » sur Twitter.

Puisque le programme politique du PPC reprend celui de la candidature à la chefferie de Maxime Bernier, la quasi-totalité de ses engagements est déjà connue. Ce qui risque de le priver d’une part de couverture médiatique.

Son équipe espérait, pour compenser, qu’il serait invité aux débats des chefs pour présenter son offre politique aux Canadiens. Mais la Commission des débats ne prévoit pas, pour l’instant, de lui faire de la place.

M. Bernier a l’intention de présenter des candidats dans les 338 circonscriptions fédérales. Il ne compte toutefois que quelques candidats vedettes : l’ancien ministre conservateur fédéral Steven Fletcher à Winnipeg et Renata Ford, la veuve de l’ancien maire controversé de Toronto Rob Ford. L’ex-syndicaliste Ken Pereira, qui devait être candidat dans la région de Québec, a dû se désister à la veille de la campagne.