«S’implanter»: la cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May

Elizabeth May
Photo: Montage Le Devoir Elizabeth May

Elle est terminée, l’époque où la présence d’Elizabeth May aux débats des chefs suscitait de vives discussions. Le parti qu’elle dirige est devenu un incontournable du paysage politique canadien et le défi pour Mme May consiste désormais à transposer en sièges le capital de sympathie dont elle jouit.

En 2011, Mme May est devenue la première députée, toutes scènes politiques confondues, à se faire élire au Canada sous la bannière du Parti vert. Les premières s’accumulent depuis. Le Parti vert fait partie de la coalition au pouvoir en Colombie-Britannique depuis juillet 2017, il forme l’opposition officielle à l’Île-du-Prince-Édouard depuis avril et il détient trois sièges déterminants dans le contexte de gouvernement minoritaire au Nouveau-Brunswick. L’élection d’un second député fédéral à l’occasion d’une partielle en mai dernier a porté à 18 le total d’élus verts au Canada.

À lire aussi

Lisez nos portraits pour chacun des chefs

L'espace accordé à chaque chef est fondé sur le nombre de sièges que leur formation respective détenait à la Chambre des communes au moment de sa dissolution.

Mme May entend profiter de l’intérêt que suscite la question environnementale, et les changements climatiques en particulier, pour s’imposer. Quand les libéraux mettront en garde contre la division du vote, elle désignera son nouvel élu, Paul Manly, comme la preuve qu’un vote vert n’est plus seulement un geste de protestation. Quand le NPD se posera en solution de rechange pour les progressistes déçus de Justin Trudeau, elle brandira le transfuge Pierre Nantel. Son admission cette semaine qu’elle ne dicterait pas à ses élus comment voter sur la question de l’avortement risque de nuire toutefois à ce message.

Mme May rêve d’un Parlement en situation minoritaire dans lequel elle détiendrait assez de sièges pour forcer les partis à en faire davantage pour le climat. Elle a déjà annoncé que, dans un tel scénario, elle refusera de travailler avec un parti dépourvu de plan climatique sérieux.

Le Parti vert devra néanmoins convaincre que sa propre plateforme est solide. Mme May a été critiquée par le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, parce que son programme Mission possible propose de stopper les importations de pétrole pour miser sur le pétrole canadien — qui provient surtout des sables bitumineux — en attendant la transition énergétique. Mme May a rétorqué qu’elle propose aussi de réduire l’exploitation des sables bitumineux.

Le Parti vert espère enregistrer ses gains en région atlantique (particulièrement au Nouveau-Brunswick, où neuf ex-candidats provinciaux du NPD sont passés aux verts), mais surtout dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique, où l’opposition au pipeline Trans Mountain se concentre. Un récent sondage Mainstreet mené dans la circonscription de Victoria, détenue par un néodémocrate qui ne se représente pas à l’élection, place le Parti vert, le Parti libéral et le NPD à égalité statistique.