Les chefs prennent la route

Justin Trudeau se rendra à Rideau Hall en matinée, à la résidence officielle de la gouverneure générale, Julie Payette, pour lui demander de dissoudre le Parlement en vue de la tenue du scrutin le 21 octobre.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Justin Trudeau se rendra à Rideau Hall en matinée, à la résidence officielle de la gouverneure générale, Julie Payette, pour lui demander de dissoudre le Parlement en vue de la tenue du scrutin le 21 octobre.

Les pancartes électorales sont prêtes. Les avions de campagne aussi. Les publicités de chacun des partis étaient déjà diffusées depuis quelques jours. Voilà que Justin Trudeau déclenchera enfin officiellement la campagne fédérale mercredi matin.

Le premier ministre sortant se rendra à Rideau Hall en matinée, à la résidence officielle de la gouverneure générale, Julie Payette, pour lui demander de dissoudre le Parlement en vue de la tenue du scrutin le 21 octobre prochain. Les partis fédéraux disposeront ensuite de quarante jours pour convaincre les Canadiens de leur accorder leurs votes.

Il faut dire que Justin Trudeau, Andrew Scheer, Jagmeet Singh, Yves-François Blanchet, Elizabeth May et Maxime Bernier sillonnent déjà le Québec et le Canada depuis plusieurs semaines, n’ayant pas attendu le coup de lancement officiel de cette campagne dont la date du scrutin est connue depuis quatre ans, les élections étant à date fixe. Les allées et venues des six chefs seront désormais scrutées à la loupe, tout comme leurs promesses et plateformes électorales à venir.

 
 

Cette campagne sera la première pour quatre des six concurrents. Seuls le chef libéral, Justin Trudeau (2015), et la cheffe du Parti vert, Elizabeth May (2008, 2011, 2015), n’en sont pas à leur première joute électorale à titre de leader de leur formation politique.

Deux chaudes luttes s’annoncent, en ce début de campagne, puisque le Parti libéral et le Parti conservateur sont littéralement au coude à coude dans les sondages nationaux, tout comme le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert, qui semblent rivaliser pour la troisième place à l’échelle canadienne.

L’agrégateur de sondages de la CBC accorde 33,8 % d’appuis au Parti libéral et 33,8 % d’appuis au Parti conservateur. Le NPD suit avec 12,9 % des intentions de vote, puis le Parti vert avec 10,7 %.

Au Québec, les libéraux sont pour l’instant en avance, à 35,7 %, suivis des conservateurs à 21,4 % et du Bloc québécois à 19 %. Le Parti vert dépasse de peu le NPD, avec 10,1 % des intentions de vote contre 9,6 % pour le NPD.

Le Québec dans le viseur

Signe que la campagne fédérale se décidera justement au Québec, c’est à Trois-Rivières qu’Andrew Scheer entamera sa tournée. Les conservateurs espèrent faire des gains dans ce genre de circonscriptions urbaines hors Montréal, que les néodémocrates risquent de perdre à l’issue du vote le mois prochain.

Le Bloc québécois a cependant l’intention de livrer une chaude lutte aux conservateurs, puisqu’il courtise lui aussi sa part des 14 sièges néodémocrates. Les bloquistes misent notamment sur les circonscriptions de la banlieue sud de Montréal, où le chef Yves-François Blanchet tentera de ravir Beloeil-Chambly — représentée par le néodémocrate Matthew Dubé. M. Blanchet y ouvrira son local de campagne mercredi soir, après avoir démarré la campagne électorale à Québec, où l’ancienne députée Christiane Gagnon tentera un retour dans son ancien fief désormais détenu par le ministre sortant Jean-Yves Duclos.

Autre champ de bataille annoncé : l’Ontario, riche en sièges avec ses 121 circonscriptions. Et c’est d’ailleurs à London, au sud de la province, que Jagmeet Singh donnera le coup d’envoi de la campagne néodémocrate, avant de passer le reste de la semaine dans la grande région de Toronto. Andrew Scheer l’y rejoindra dès mercredi soir.

Du côté de la Colombie-Britannique, la montée du Parti vert risque de brouiller les cartes en donnant lieu, dans plusieurs circonscriptions, à des courses à quatre dont l’issue est complètement imprévisible. Les libéraux de Justin Trudeau devront gérer la déception d’électeurs qui lui en veulent d’avoir approuvé le projet d’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain — et d’avoir acheté le pipeline, de surcroît. Pas étonnant, donc, que Justin Trudeau s’y envole après son passage à Rideau Hall pour y tenir un rassemblement à Vancouver en soirée. Le vent dans les voiles, la cheffe Elizabeth May entamera la campagne chez elle, à Victoria.

Les chefs fédéraux croiseront le fer une première fois à Toronto dès jeudi soir, pour le débat du magazine Maclean’s. À l’exception de Justin Trudeau, qui boude cette joute électorale de même que celle de l’Institut Munk le 1er octobre — deux débats en anglais.

Deux Maxime Bernier en Beauce

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, fera face à un candidat du Parti Rhinocéros qui se nomme lui aussi Maxime Bernier, dans son fief beauceron, le 21 octobre. « S’il y a du monde qui sont assez mêlés pour se tromper de Maxime Bernier, coudonc… on ne refusera pas ça ! Et en plus de lui voler une couple de votes, on peut aller chercher un peu de couverture médiatique avec ça », a reconnu le chef du Parti Rhinocéros, Sébastien « CoRhino » Corriveau. La Presse canadienne

Trudeau à Halifax après «Dorian»

Le premier ministre Justin Trudeau et deux de ses ministres, Ralph Goodale (Sécurité publique) et Harjit Sajjan (Défense) se sont rendus à Halifax, mardi, afin de constater les opérations de nettoyage à la suite du passage de la puissante tempête post-tropicale Dorian au cours de la fin de semaine. Les élus ont rencontré les autorités locales et les représentants des Forces armées canadiennes afin d’obtenir un compte rendu des démarches de rétablissement. La Presse canadienne

1 commentaire
  • Bernard LEIFFET - Abonné 11 septembre 2019 10 h 24

    Pour l'élection fédérale, il est temps de faire le ménage au Québec!

    D'après le sondage les libéraux sont en tête au Québec avec 35,7% des voix. Rien de bien stratégique là-dedans, sinon pour que la plupart des anglophones du Québec, leur chef, Justin Trudeau est le seul personnage à faire d'une pierre deux coups, mettre au pas le PM du Québec et continuer de réduire à néant toute démarche visant à remettre sur pied le projet de l'indépendance, bref, faire comme son père!
    On devait faire le ménage dans le processus d'élection (proportionnelle) au Canada, mais de ça rien, avec la peur au ventre de voir poindre une vraie opposition avec toutes les risques difficiles à contrôler! Dans un tel contexte, les dés sont pipés d'avance, en maintenant au pouvoir les libéraux et les conservateurs! Toute une démocratie issue du passé canadien dont l'objectif principal fut de prendre les francophones du Québec pour des imbéciles, des ignorants de leur histoire, etc.., comme l'a fait Lord Durham! Voilà de quoi il en retourne....
    Il est temps de faire le ménage en espérant qu'il y aura un gouvernement minoritaire. Comme au Québec, n'oublions pas que la fabulation est encore de mise puisque les gouvernements dits majoritaires ne sont que de la frime, avec un pourcentage bien inférieur au 50 % mathématique du nombre total de citoyens autorisés à voter! C'est ça la farce anglaise, celle de l'Angleterre éclatée aujourd'hui au grand jour! Pas de quoi être fier de cotoyer ceux dont le système politique est dépassé!
    Mon choix est fait, le seul parti qui peut défendre les valeurs québécoises, c'est le Bloc québécois, même s'il ne viendra jamais au pouvoir d'un dominion archaïque, indépendant mais toujours sous l'autorité de la Couronne britannique!