Changements climatiques: l’UMQ souhaite une ligne directe avec Ottawa

«Le nerf de la guerre, pour les municipalités, reste la mobilité durable», soutient M. Cusson.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir «Le nerf de la guerre, pour les municipalités, reste la mobilité durable», soutient M. Cusson.

L’Union des municipalités du Québec demande aux partis fédéraux de s’engager à mettre la lutte contre les changements climatiques en haut de leur liste de priorités, mais surtout, de démontrer comment ils comptent travailler avec les municipalités.

Le président de l’UMQ et maire de Drummondville, Alexandre Cusson, rappelle que les villes sont souvent en première ligne des phénomènes météorologiques extrêmes, comme les inondations ou les tornades.

C’est pourquoi il réclame un nouveau partenariat entre Ottawa et les municipalités afin de faciliter le transfert d’argent pour lutter contre les changements climatiques.

Un lien direct entre les deux ordres gouvernementaux permettrait d’éviter de se retrouver embourbés dans le « chichi » entre les gouvernements du Québec et du Canada, ajoute M. Cusson.

« Quand on parle à Québec, c’est de la faute d’Ottawa. Quand on parle à Ottawa, c’est de la faute de Québec. Il faut qu’on passe à autre chose, affirme-t-il. Pourquoi le gouvernement fédéral ne pourrait-il pas envoyer de l’argent directement aux municipalités alors qu’il peut le faire dans les autres provinces ? »

Le premier ministre Justin Trudeau s’était montré favorable à l’idée de contourner les provinces pour financer des projets municipaux, lors de son passage au congrès de la Fédération canadienne des municipalités en mai dernier.

Cette position de M. Trudeau a donné lieu à une levée de boucliers à l’Assemblée nationale, qui a rappelé que les municipalités relèvent du gouvernement du Québec.

« On ne considère pas que les gouvernements sont hiérarchiques, réplique M. Cusson. Si, à Québec, on pense que c’est hiérarchique, le fédéral, le provincial et le municipal, on a déjà là un problème. […] On a chacun nos responsabilités. »

Transport collectif

Le nerf de la guerre, pour les municipalités, reste la mobilité durable, soutient M. Cusson.

« Il faut un transfert modal important de la voiture solo au transport collectif, sinon, on manque le bateau. C’est simple comme ça », ajoute le président de l’UMQ.

Il soutient que des « investissements massifs » doivent être faits pour développer les réseaux de transport en commun dans « les villes de toutes les tailles » — et pas juste Montréal ou Québec.

Si rien n’est fait, les changements climatiques pourraient coûter 4 milliards de dollars aux municipalités dans les cinq prochaines années, avertit M. Cusson.

« Évidemment, on n’embarque pas dans les espèces de prophétie que la Terre va éclater, mais ce qu’on dit, c’est qu’on s’est donné des objectifs et si on ne se donne pas les moyens rapidement, on ne les atteindra pas », dit-il.