Vigie parité fédérale, 8e compilation: 39,3% de femmes candidates

Si la tendance se maintient, tous les partis auront recruté plus de femmes que lors des dernières élections, en 2015.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Si la tendance se maintient, tous les partis auront recruté plus de femmes que lors des dernières élections, en 2015.

La campagne électorale fédérale de l’automne sera-t-elle la première à présenter assez de candidates pour atteindre le seuil de la zone paritaire ? Les cinq grands partis s’en approchent à tout le moins de très près : on compte maintenant 39,3 % de femmes parmi leurs candidats confirmés, montre la huitième mise à jour de la Vigie parité du Devoir.

En date de mardi, le Parti libéral du Canada (PLC), le Parti conservateur du Canada (PCC), le Nouveau Parti démocratique (NPD), le Parti vert du Canada (PVC) et le Bloc québécois avaient nommé 77 % de leurs candidats (soit 1105 sur 1430). On dénombre 434 femmes dans le lot : s’il y en avait eu six de plus, le plancher de la zone paritaire (40 %) aurait été atteint.

Si la tendance se maintient — chaque mise à jour de la Vigie parité depuis le 8 mars a montré une progression du taux de candidatures féminines —, tous les partis auront recruté plus de femmes que lors des dernières élections, en 2015. À l’époque, les Canadiens avaient fait leur choix à travers un bassin de candidats comprenant deux hommes pour chaque femme. Au soir des élections, celles-ci composaient 26 % des élus du Parlement.

Au Québec, on se dirige vers une deuxième campagne consécutive comptant plus de 40 % de femmes. Elles formaient 47 % de tous les candidats lors des élections provinciales d’octobre 2018 ; elles sont aujourd’hui 42,2 % en lice pour les élections fédérales. Notons toutefois que plus d’un quart des candidats (28 %) doivent encore être nommés à travers la province.

   

À l’échelle du pays, le NPD (50,6 %) et le PVC (43,8) sont les seuls à dépasser le seuil de la zone paritaire. Les libéraux s’en approchent (37,8 %), alors que les conservateurs comptent trois candidates sur dix (31,1 %). Au Québec, les conservateurs font mieux, avec 39,7 % de candidates — environ deux points devant le Bloc québécois et les libéraux. Ici aussi, le NPD et le PVC enregistrent les pourcentages les plus élevés de candidatures féminines.

Les conservateurs sont autrement les premiers à avoir mené à terme leur processus de nomination des candidats — le parti en a fait l’annonce mardi. Le PVC suit avec 274 candidats (sur 338), légèrement devant les libéraux (262).

À quelques jours du déclenchement de la campagne, le NPD marque en ce sens un retard considérable sur les autres : 180 candidats ont été investis, soit un peu plus de la moitié des effectifs complets. La situation est pire au Québec, où seulement 29 des 78 candidats sont confirmés. Au Bloc québécois, il manque environ le tiers des candidats.

Les engagements des partis

La dernière campagne électorale québécoise s’est conclue avec un nombre record de candidates (47 %), d’élues (42 %) et de ministres (50 % lors de la formation du cabinet).

Pour l’élection fédérale d’octobre 2019, les partis représentés à la Chambre des communes ne promettent pas tant : la plupart s’engagent plutôt à faire des efforts pour avoir le plus de femmes candidates possible.

Voici un tour d’horizon des positions de chacun d’entre eux, interpellés par Le Devoir.

   

Parti libéral du Canada (31 % de candidates en 2015). « À l’approche de l’élection de cet automne, notre parti veille à ce que son équipe de candidats soit à l’image de la diversité du Canada. En vertu des nouvelles règles nationales de sélection du Parti libéral, pour qu’une assemblée d’investiture puisse être convoquée, l’association de circonscription doit être en mesure de documenter sa recherche approfondie de candidates potentielles et d’autres candidats qui représentent la composition démographique de la collectivité. »

Parti conservateur du Canada (20 % de candidates en 2015). « Pour ce qui est de la représentativité des femmes, toute l’équipe de recrutement multiplie les efforts pour attirer des femmes avec des parcours personnels et professionnels variés au sein de notre formation politique. Cela étant dit, chacune des 338 associations conservatrices au Canada sélectionne son candidat par l’entremise d’un processus d’investiture ouvert et ce sont ultimement les membres de l’association qui ont le dernier mot sur le choix du candidat par leur vote. »

Parti vert du Canada (40 % de candidates en 2015). L’objectif pour 2019 est d’avoir 50 % de candidatures féminines.

Nouveau Parti démocratique (43 % de candidates en 2015). L’objectif pour 2019 est d’avoir 50 % de candidatures féminines.

Bloc québécois (28 % de candidates en 2015). L’équipe du chef Yves-François Blanchet dit que ce dernier a « exprimé clairement et avec insistance sa volonté que le Bloc québécois atteigne la zone paritaire dans les candidatures, la députation et les instances nationales. […] Le chef a donné le mandat au parti de se montrer proactif et accueillant à l’endroit des candidatures féminines ».

Parti populaire du Canada (inexistant en 2015). Aucun engagement sur cette question, la priorité étant de mettre sur pied des associations de circonscription et de trouver des candidats qui seront « les plus représentatifs possible du Canada ». Un premier décompte de ses candidats indiquait le 9 juillet que 83 % d’entre eux sont des hommes.

   

Les chiffres de la Vigie parité sont basés sur les informations transmises par les partis et ne comptent que les candidats officiellement investis.