Trudeau mise sur une réponse internationale face à la crise des médias

«Tout le monde doit payer sa part», a souligné le premier ministre Justin Trudeau, tout en réitérant qu’il n’était pas question pour son gouvernement d’augmenter «les taxes» des contribuables. 
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Tout le monde doit payer sa part», a souligné le premier ministre Justin Trudeau, tout en réitérant qu’il n’était pas question pour son gouvernement d’augmenter «les taxes» des contribuables. 

Questionné sur ce qu’il entendait faire au sujet des géants du numérique qui siphonnent notamment les revenus publicitaires des médias, le premier ministre Justin Trudeau a dit mardi que cette question sera « certainement » discutée lors du G7 qui a lieu en France en fin de semaine.

Ce sujet épineux refait surface alors que les journaux du Groupe Capitales Médias (GCM), en difficulté financière, ont dû demander lundi la protection des tribunaux contre leurs créanciers. Les six quotidiens ont ensuite reçu une bouée de sauvetage pour ne pas se noyer : elle est venue sous la forme d’un prêt intérimaire de 5 millions de dollars de la part du gouvernement québécois. Assez pour garder la tête hors de l’eau et poursuivre leurs activités jusqu’à la fin de l’année, estime le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

Le p.-d.g. du Groupe Capitales Médias, Claude Gagnon, a publié lundi un message sur le site du quotidien Le Soleil, dans lequel il écrivait que les quotidiens du groupe « sont affectés par une baisse des revenus publicitaires résultant de la concurrence féroce que livrent les géants des réseaux sociaux que sont Facebook et Google ».

Selon Justin Trudeau, pour régler toute cette situation, il faut plus qu’une « solution à la pièce ». Il en faut une à laquelle la communauté internationale va adhérer, a répondu mardi le premier ministre lorsque interrogé à ce sujet en mêlée de presse à Trois-Rivières.

C’est une question dont on va parler certainement en fin de semaine au G7

« Tout le monde doit payer sa part », a-t-il souligné, tout en réitérant qu’il n’était pas question pour son gouvernement d’augmenter « les taxes » des contribuables. « C’est une question dont on va parler certainement en fin de semaine au G7, où la communauté internationale est en train de regarder comment on peut s’assurer que c’est équitable pour tout le système », a-t-il dit.

Le sommet du G7 aura lieu du 24 au 26 août à Biarritz, en France.

En juillet dernier, la France a adopté sa propre loi fiscale, surnommée la « taxe GAFA » (Google, Amazon, Facebook, Apple), pour imposer les revenus — notamment ceux de la publicité — des géants du numérique. La mesure a déclenché la colère des États-Unis, qui brandit depuis la menace de représailles.

Toujours en juillet, les ministres des Finances des pays du G7 ont fait un pas vers un accord mondial sur la taxation du numérique lors de leur réunion à Chantilly, au nord de Paris. Ces discussions pourraient être validées à Biarritz.

Depuis deux jours, Justin Trudeau est interrogé sur la crise des médias dans la foulée des plus récentes difficultés vécues par GCM.

À ces occasions, il souligne l’octroi par son gouvernement de 600 millions de dollars pour venir en aide aux entreprises de presse, inclus dans son dernier budget. Il répète aussi que cette aide doit être offerte de façon à ne pas nuire à l’indépendance des médias.

Dans le budget fédéral 2019, le gouvernement avait annoncé diverses mesures pour venir en aide aux médias canadiens : un nouveau crédit d’impôt remboursable à l’intention des organisations journalistiques admissibles, un nouveau crédit d’impôt non remboursable pour les abonnements aux médias d’information numériques canadiens et l’accès à des incitatifs fiscaux de bienfaisance pour les organisations journalistiques à but non lucratif.