Maxime Bernier conteste la décision de la Commission des débats

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier

Le chef du Parti populaire du Canada (PPC) conteste la méthodologie sur laquelle s’est basée la Commission des débats des chefs pour remettre en question sa participation aux débats d’octobre. Dans une lettre envoyée au commissaire David Johnston, il estime que la Commission interprète « de manière erronée » l’un des critères de participation.


Au coeur de la contestation, le critère qui stipule que « compte tenu du contexte politique récent, des sondages d’opinion publique et des résultats obtenus aux élections générales précédentes, le commissaire estime que les candidats soutenus par le parti ont une véritable possibilité d’être élus lors de l’élection générale en cause ». Ce critère fait lui-même l’objet de sous-critères, et c’est sur ceux-ci que le chef du PPC se base pour remettre en question la décision préliminaire de la Commission.


Maxime Bernier estime notamment que l’évaluation ignore « les tendances qui s’en dégagent », soit le fait que le PPC soit passé de « 0 à 5 % sur le plan national en moins d’une année ». Le chef du PPC estime également que la Commission a omis de s’attarder à « la présence et à la visibilité du parti ou de son chef, ou les deux, dans les médias à l’échelle nationale ». Il soutient que la présence médiatique de son parti est « supérieure » à celle du Nouveau Parti démocratique et du Parti vert, et « très supérieure » à celle du Bloc québécois. Il concède cependant n’avoir « aucune donnée pour l’illustrer ». Le PPC demande également à la Commission de tenir compte du fait que le parti « représente une tendance ou un mouvement politique contemporain », ainsi que du nombre de ses membres et des fonds recueillis. « Tout cela est directement lié au fait que vous ignorez le contexte politique récent », écrit M. Bernier.


En entrevue au Devoir, un porte-parole du PPC, Marc Masse, dit que son parti considère que la Commission examine davantage ce contexte plutôt que de demander au parti de fournir une liste de circonscriptions où le PPC aurait des chances de faire élire un candidat. « Ils ne tiennent pas compte du fait que, dans le contexte politique, nous, on a une chance de faire comme d’autres partis populistes, de croître rapidement dans une campagne électorale », déplore-t-il.


« Prendre cette décision-là, basée sur trois ou quatre circonscriptions avant la campagne électorale, c’est nier l’importance du contexte politique et de notre croissance rapide depuis dix mois jusqu’à aujourd’hui », ajoute-t-il.


D’après M. Masse, le PPC examinera la requête de la Commission d’ici la date limite, fixée au 23 août, pour vérifier si elle peut fournir une liste de circonscriptions, qui n’ont pas encore été déterminées. « D’ailleurs, on se réserve le droit de le faire ou non », prévient M. Masse, qui estime qu’il ne s’agit pas d’un critère « crucial ».


Les chefs du Bloc québécois, du Parti conservateur du Canada, du Nouveau Parti démocratique, du Parti libéral du Canada et du Parti vert du Canada participeront aux débats prévus le 7 octobre en anglais et le 10 octobre en français.


Les partis ne remplissant pas les critères d’invitation peuvent encore faire parvenir d’autres renseignements à la Commission jusqu’au 9 septembre, afin que leur participation soit étudiée. La liste définitive des chefs qui débattront sera connue le 16 septembre.