Ottawa renfloue encore un programme amputé par le gouvernement Ford

L’Ontario s’annonce le terrain de bataille principal de la prochaine campagne avec ses 121 sièges. Les libéraux en détiennent 76 et les conservateurs 33.
Photo: Cole Burston La Presse canadienne L’Ontario s’annonce le terrain de bataille principal de la prochaine campagne avec ses 121 sièges. Les libéraux en détiennent 76 et les conservateurs 33.

Le gouvernement fédéral se substitue une fois de plus à Queen’s Park. Dans un geste à saveur électorale pleinement assumé, Justin Trudeau a annoncé lundi qu’il suppléera aux fonds que l’administration de Doug Ford a retranchés de l’aide juridique destinée aux nouveaux arrivants.

En avril, le gouvernement ontarien conservateur avait infligé une réduction de 30 % (ou 133 millions de dollars) au budget d’aide juridique. Il interdit également que ce service d’assistance serve aux cas d’immigration et de demande d’asile. Ottawa arrive à la rescousse en versant cette année 25,7 millions uniquement pour garantir de l’aide juridique aux migrants.

M. Trudeau a clairement voulu donner une saveur électorale à son annonce. « Trop de gens […] essayent d’oublier autant qu’ils peuvent les années [de Stephen] Harper. Ce gouvernement coupait les services aux plus vulnérables à chaque occasion. Le pire exemple a été lorsqu’ils ont choisi de couper les soins de santé pour les réfugiés. […] Et cette fois encore, un autre gouvernement conservateur, le gouvernement de Doug Ford, se désengage de services pour les plus vulnérables. C’est frustrant qu’on continue de retourner en arrière. »

M. Trudeau a répété sa ligne d’attaque, à savoir que les conservateurs, tous ordres gouvernementaux confondus, disent se préoccuper des petites gens, mais leur enlèvent des services essentiels une fois au pouvoir. « C’est ce qu’ils font. »

C’est la troisième fois qu’Ottawa se substitue ainsi au gouvernement de Doug Ford.

À l’automne dernier, quand Queen’s Park a annoncé qu’il ne financerait pas l’Université de l’Ontario français, Ottawa a versé 1,9 million pour assumer le salaire des employés déjà embauchés. Quand l’Ontario a mis la hache dans un programme de plantation d’arbres, la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna (qui est élue en Ontario), a annoncé qu’elle le ressusciterait en versant 15 millions.

Ottawa ne déresponsabilise-t-il pas les provinces en se substituant à elles lorsqu’elles réduisent leurs budgets ? Et est-ce le rôle d’Ottawa d’intervenir ainsi ? « Il y a plusieurs autres compressions que le gouvernement conservateur effectue et que le gouvernement fédéral ne sera pas en mesure de compenser, a admis M. Trudeau. C’est quelque chose que les Canadiens doivent garder à l’esprit lorsqu’ils iront aux urnes cet automne. »

L’Ontario s’annonce le terrain de bataille principal de la prochaine campagne avec ses 121 sièges. Les libéraux en détiennent 76 et les conservateurs 33. Les libéraux y exploitent les sommets d’impopularité du premier ministre Doug Ford dans l’espoir de bloquer une éventuelle progression d’Andrew Scheer. Selon le « poll tracker » de CBC qui calcule la moyenne des sondages, le Parti libéral jouit d’une avance de six points sur le Parti conservateur dans cette province.

L’annonce de lundi prévoit aussi une somme de 1,16 million pour la Colombie-Britannique et de 20 000 $ pour le Manitoba, provinces qui ont toutes deux réduit aussi l’aide juridique pour les migrants. Ottawa consacre déjà 49,6 millions sur trois ans à l’échelle du pays pour l’aide juridique.