Les citoyens de Saint-Roch-de-l’Achigan se prononcent sur l’aérodrome

Le promoteur, Aérodrome SRA, souhaite relocaliser l’aérodrome de Mascouche qui a fermé en 2016.
Photo: Getty Images Le promoteur, Aérodrome SRA, souhaite relocaliser l’aérodrome de Mascouche qui a fermé en 2016.

Les citoyens de Saint-Roch-de-l’Achigan dans la région de Lanaudière se prononcent dimanche sur le projet d’aérodrome dans leur municipalité.

Les opposants au projet soutiennent que l’aérodrome nuira à la qualité de vie, à l’environnement et à l’économie de la région.

Lorsqu’on circule dans le secteur de Saint-Roch-de-l’Achigan, il est difficile de ne pas remarquer les immenses pancartes aux abords de l’autoroute 25 qui demandent au gouvernement fédéral de rejeter le projet d’aérodrome. Le groupe « la Coallition SRA », qui a déployé ces affiches, tente de mobiliser les citoyens à l’approche des élections fédérales.

Sébastien Marcil, porte-parole de ce mouvement citoyen, parle d’un projet bâclé et inacceptable :

« Il s’agit du déménagement d’un des aérodromes le plus achalandés au Canada. À Mascouche, il y avait 30 000 avions qui décollaient ou atterrissaient par année, c’est inacceptable pour une petite municipalité de 5000 habitants » a-t-il indiqué à La Presse canadienne.

Sébastien Marcil soutient que les promoteurs n’ont pas « présenté d’études d’impact, acoustique, environnemental ou économique, concernant le projet ».

Le promoteur, Aérodrome SRA, souhaite relocaliser l’aérodrome de Mascouche qui a fermé en 2016.

En entrevue avec La Presse canadienne, Alexandre Caron, propriétaire du Camping Horizon, a dit craindre pour « la tranquillité de ses clients » en raison de la nuisance sonore :

« Les gens profitent de mon camping de juin à septembre, c’est le moment ou cet aéroport va fonctionner au maximum de sa capacité. C’est comme avoir une tondeuse au-dessus de la tête à longueur de journée. Ça va avoir un impact direct sur mon entreprise. »

C’est le maire de Saint-Roch-de-l’Achigan, Yves Prud’homme, qui est à l’origine du référendum qui a lieu dimanche.

Il a indiqué que « le conseil municipal avait décidé de ne pas prendre position sur le sujet ».

« Notre responsabilité est de représenter les citoyens, la municipalité sera porte-parole des citoyens auprès du ministre des Transports, peu importe le résultat du référendum », a-t-il dit.

Selon le maire, le ministre fédéral Marc Garneau doit statuer sur le projet d’ici le début du mois de septembre.

Même s’il dit que son « administration est neutre dans le dossier », Yves Prud’homme qualifie de « bâclé » le travail des promoteurs de l’aérodrome.

« Normalement, lorsqu’on met de l’avant un projet semblable, on doit travailler en partenariat avec les citoyens. On doit s’asseoir avec les représentants de la municipalité. »

De son côté, l’Union des producteurs agricoles (UPA) dénonce les conséquences d’un tel projet dans une région largement agricole.

« On asphaltera des terres de grande qualité, lesquelles sont cultivées depuis des décennies en cultures maraîchères et en grandes cultures » peut-on lire dans un communiqué émis par l’UPA.

Dans un document publié en ligne, les promoteurs du projet indiquent que le site aéroportuaire, qui aura une superficie de 357,000 m2, « deviendra un centre d’attraction pour le développement d’entreprises reliées à l’entretien mécanique, électrique et avionique » et que le projet créera « des emplois de haute technologie et bien rémunérés ».

Ce même document fait aussi valoir que l’ancien aéroport de Mascouche employait 75 personnes à temps plein et 70 à temps partiel.

La Presse canadienne a tenté de rejoindre les promoteurs d’Aérodrome SRA, mais n’a pas obtenu de réponse de ceux-ci.

Le dévoilement des résultats du référendum doit avoir lieu vers 20 h 30 dimanche, au Camping Horizon à Saint-Roch-de-l’Achigan.

Le référendum n’est pas contraignant, c’est donc le ministre Garneau qui aura le dernier mot.