Justin Trudeau teste ses attaques électorales contre Andrew Scheer

«La classe moyenne n’a pas les moyens de se payer un autre Doug Ford!», a lancé le premier ministre Justin Trudeau.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne «La classe moyenne n’a pas les moyens de se payer un autre Doug Ford!», a lancé le premier ministre Justin Trudeau.

Doug Ford est peut-être un politicien provincial, mais il occupera une place importante dans la campagne électorale fédérale sur le point de débuter. Car le chef libéral, Justin Trudeau, entend le brandir tel un épouvantail pour convaincre les électeurs que son adversaire conservateur Andrew Scheer est de la même eau.

« Les Canadiens auront un choix clair à faire entre les coupures et l’austérité ou investir pour les Canadiens », a lancé M. Trudeau mercredi matin à quelque 200 candidats libéraux réunis à Ottawa pour une « école de campagne ». Il a profité de ce forum partisan pour donner un avant-goût des piques qu’il entend assener à son rival Andrew Scheer, testant un calembour en anglais qui risque d’être répété à satiété : « La classe moyenne n’a pas les moyens de se payer un autre Doug Ford ! » (« The middle class cannot afford another Doug Ford. »)

La cote de popularité du premier ministre ontarien est abyssale : seulement un électeur sur quatre dit désormais approuver les actions de son gouvernement. M. Ford a réussi l’exploit de devenir plus impopulaire, après seulement un an au pouvoir, que sa prédécesseure Kathleen Wynne, dont les troupes étaient aux commandes depuis 15 ans. Son administration a infligé des compressions budgétaires en santé (dont l’exclusion de certaines catégories d’individus de l’assurance médicaments), en éducation (attrition de 3475 enseignants, réduction des bourses d’études pour les moins nantis), en culture, à l’aide juridique. Il a annulé la création d’une université francophone et mis la hache dans la bourse du carbone et toutes les mesures environnementales qu’elle finançait.

Les libéraux fédéraux feront valoir qu’un scénario similaire se produira à l’échelle canadienne si Andrew Scheer est élu premier ministre. « En campagne, les politiciens conservateurs aiment dire qu’ils travaillent pour le peuple, a fait valoir M. Trudeau. Mais on sait tous très bien ce qui arrive lorsqu’ils sont au pouvoir. Nous avons vu à répétition jusqu’où ils vont pour aider les plus riches. À quel point ils coupent rapidement dans la santé publique, les municipalités, la santé, les garderies, l’éducation, les services auxquels les Canadiens ont le plus recours parce qu’ils ne comprennent pas qu’on ne peut pas atteindre la prospérité par le chemin des compressions. »

Andrew Scheer avait promis, pendant la course à la chefferie conservatrice en 2017, qu’il rétablirait l’équilibre budgétaire en deux ans s’il était élu premier ministre. Mais en mai dernier, il s’est ravisé en affirmant qu’il rédigerait lui aussi des budgets à l’encre rouge pendant son premier mandat et renouerait avec l’équilibre seulement la cinquième année.

Le codirecteur de la campagne libérale au Québec, le ministre Pablo Rodriguez, croit que la comparaison entre M. Scheer et M. Ford frappera aussi l’imaginaire des Québécois. « Doug Ford est très connu au Québec, ce qui est une bonne chose. » Les compressions visant la minorité francophone ontarienne, soutient-il, « ça a eu un impact chez nous, les gens m’en ont parlé ». « Si Andrew Scheer est d’accord et ne dit rien sur les coupures de Doug Ford, s’ils sont unis du même côté sur la question de l’environnement, alors on peut appliquer l’un à l’autre. Si vous ne voulez pas de Doug Ford à Ottawa, alors ne votez pas pour Andrew Scheer. »