Quatre entreprises invitées à soumissionner pour remplacer les CF-18

Les 88 chasseurs recherchés par Ottawa remplaceront les CF-18 vieillissants, en service depuis plus de 35 ans.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Les 88 chasseurs recherchés par Ottawa remplaceront les CF-18 vieillissants, en service depuis plus de 35 ans.

Le gouvernement fédéral a demandé officiellement à quatre entreprises de soumissionner pour fournir 88 « chasseurs évolués » à l’Aviation royale, afin de remplacer les chasseurs CF-18 vieillissants, en service depuis plus de 35 ans.

Le ministère des Services publics et de l’Approvisionnement a annoncé mardi que les entreprises Saab, Airbus, Lockheed Martin et Boeing ont jusqu’à cet automne pour démontrer qu’elles peuvent satisfaire aux exigences du Canada en matière de sécurité et d’« interopérabilité » avec les forces armées des pays alliés.

À la suite des commentaires du gouvernement, les soumissionnaires pourront modifier et soumettre à nouveau leur offre au printemps 2020, dans le cadre d’une « proposition initiale ». L’entreprise qui décrochera le contrat sera choisie « au début de 2022 » et les premiers avions devraient être livrés « dès 2025 », précise le communiqué du ministère.

Après des années de paralysie et de relance du processus pour remplacer les vieux CF-18, basés notamment à Bagotville, le gouvernement libéral travaille depuis près de trois ans sur les détails de l’acquisition des nouveaux chasseurs à réaction, qui font partie d’approvisionnements d’une valeur totale d’environ 19 milliards $. On indique qu’il s’agit « du plus important investissement dans l’Aviation royale canadienne en plus de 30 ans ».

Le gouvernement conservateur précédent avait annoncé en 2010 l’achat, sans appel d’offres, de 65 avions de chasse F-35 construits par Lockheed Martin ; le premier appareil devait être livré en 2015. Les conservateurs ont par la suite annulé ce plan en raison d’inquiétudes concernant le prix et à cause de la tactique utilisée par le ministère de la Défense pour obtenir l’accord du gouvernement.

Au cours de la campagne électorale fédérale de 2015, les libéraux de Justin Trudeau ont promis de lancer immédiatement un appel d’offres — et de bouder le F-35. Le gouvernement Trudeau nouvellement élu a plus tard décidé que Lockheed Martin serait finalement autorisé à soumissionner avec son F-35. Les libéraux ont amorcé le processus d’approvisionnement actuel en 2016 et travaillent depuis plus de trois ans sur les détails.

En attendant l’arrivée des nouveaux avions à réaction, le gouvernement libéral a annoncé son intention de moderniser les CF-18 vieillissants. Ottawa a également signé un contrat pour l’acquisition de 18 chasseurs d’occasion en Australie, un contrat que les responsables ont estimé à environ 500 millions $.

Un retard « inexcusable »

Le député conservateur James Bezan, porte-parole en matière de défense, a critiqué le gouvernement libéral pour ses retards dans le remplacement des avions de combat. D’autres pays, a-t-il déclaré mardi, ont choisi leurs nouveaux avions à réaction en moins de deux ans.

« Il est inexcusable que Justin Trudeau ait passé les quatre dernières années à trébucher sur le dossier des avions de combat », a déclaré M. Bezan. S’ils étaient élus en octobre, les conservateurs, a-t-il soutenu, « choisiraient immédiatement un nouvel avion de chasse grâce à un appel d’offres juste et transparent » — sans préciser davantage les détails.

Le F-35 de Lockheed Martin affrontera donc l’Eurofighter Typhoon d’Airbus, le Gripen de Saab et le Super Hornet de Boeing. La société française Dassault avait retiré de la course son chasseur Rafale à la fin de l’année dernière.

Cet important contrat devrait par ailleurs dynamiser l’économie du pays. Le gouvernement a indiqué mardi que cet investissement « appuiera la croissance de la main-d'oeuvre hautement spécialisée du Canada dans les industries de l’aérospatiale et de la défense pour les décennies à venir, d’un océan à l’autre ».

En annonçant l’appel d’offres, mardi, le gouvernement a souligné que « tous les fournisseurs seront tenus de présenter un plan sur des retombées économiques (au Canada) correspondant à la valeur du contrat proposé ».

Les propositions seront évaluées en fonction des exigences de mérite technique (60 pour cent), des coûts (20 pour cent) et des retombées économiques au Canada (20 pour cent). Or, les points maximums seront accordés « uniquement aux fournisseurs proposant des garanties contractuelles », prévient-on.