L’ex-sénateur Don Meredith entretenait un environnement de travail « empoisonné »

Dans un rapport publié vendredi, Pierre Legault rapporte les témoignages de six anciens employés de M. Meredith, selon lesquels ce dernier se conduisait de façon intimidante, proférait des menaces et se livrait à du harcèlement, parfois de nature sexuelle.
Photo: Colin Perkel La Presse canadienne Dans un rapport publié vendredi, Pierre Legault rapporte les témoignages de six anciens employés de M. Meredith, selon lesquels ce dernier se conduisait de façon intimidante, proférait des menaces et se livrait à du harcèlement, parfois de nature sexuelle.

L’ex-sénateur Don Meredith, qui a démissionné après avoir plongé la chambre haute dans l’embarras, il y a deux ans, entretenait un « environnement de travail empoisonné », conclut le conseiller sénatorial en éthique. Dans un rapport publié vendredi, Pierre Legault rapporte les témoignages de six anciens employés de M. Meredith, selon lesquels ce dernier se conduisait de façon intimidante, proférait des menaces et se livrait à du harcèlement, parfois de nature sexuelle.

Deux membres de son personnel et une constable du service de protection du Sénat rapportent que M. Meredith a eu envers elles des comportements déplacés. L’une d’entre elles rapporte qu’il avait tenté de l’embrasser et de la serrer dans ses bras à répétition, tandis qu’une autre allègue qu’il avait multiplié les avances, lui exposant notamment ses parties génitales.

Pierre Legault explique que son enquête, amorcée il y a près de quatre ans, avait d’ailleurs dû être interrompue à cause d’une enquête criminelle ouverte par le Service de police d’Ottawa, qu’il avait lui-même alerté.

Don Meredith, un pasteur pentecôtiste, avait été nommé au Sénat par l’ex-premier ministre conservateur Stephen Harper en 2010. Il avait volontairement cédé son siège en 2017, après être tombé en disgrâce en raison d’une relation sexuelle entretenue avec une adolescente. Il avait remis sa démission après que le comité sénatorial sur l’éthique et les conflits d’intérêts eut recommandé son expulsion — ce qui aurait constitué une première dans l’histoire de la chambre haute.

Ce nouveau rapport indique que M. Meredith a refusé de coopérer lors des dernières étapes du processus d’enquête. Bien qu’il nie la plupart des allégations, les témoignages démontrent qu’il a répété des comportements qui rabaissaient, dénigraient et humiliaient ses employés, peut-on lire dans le document de 59 pages.

Un employé a remis sa démission « parce que le milieu de travail l’avait rendu malade ». D’autres ont dit ne pas se sentir en sécurité au bureau ou encore travailler dans la peur constante de perdre leur emploi.

Pierre Legault affirme que la conduite déshonorable de M. Meredith était contraire aux normes de dignité inhérentes à la charge de sénateur.

L’enquête a été complétée malgré sa démission « par souci d’équité » pour les employés concernés, précise le conseiller sénatorial en éthique. Dans ses recommandations finales, il estime toutefois qu’il est non pas de sa responsabilité, mais bien de celle du Sénat, « en tant qu’institution en employeur », de mener des enquêtes exhaustives sur de telles allégations et de prendre les mesures coercitives nécessaires.