Trump promet de soulever la question des deux Canadiens détenus en Chine

Justin Trudeau a aussi rencontré la présidente démocrate de la Chambre des représentants pour discuter de la ratification de l’accord de libre-échange.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Justin Trudeau a aussi rencontré la présidente démocrate de la Chambre des représentants pour discuter de la ratification de l’accord de libre-échange.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, pourra compter sur le président américain, Donald Trump, pour qu’il soulève la question des deux Canadiens détenus en Chine au cours de sa rencontre avec le président chinois, la semaine prochaine au Japon. M. Trump a déclaré publiquement qu’il le ferait à « la demande de Justin ».

Le président a promis son appui au cours d’une rencontre avec le premier ministre qui s’est déroulée jeudi au Bureau ovale de la Maison-Blanche.

Devant les journalistes, le président américain a promis de faire « tout ce qu’il peut pour aider le Canada » dans le dossier de Michael Spavor et Michael Kovrig, lorsqu’il rencontrera Xi Jinping au sommet du G20 à Osaka, les 28 et 29 juin.

« Avez-vous tenté d’avoir une rencontre ? », s’est enquis M. Trump en réponse à la question d’un journaliste.

« On a plusieurs choses à discuter », a répliqué M. Trudeau.

« Sinon, je vais bien le représenter, a renchéri le locataire de la Maison-Blanche. Une rencontre est prévue entre moi et le président Xi au sujet, bien sûr, de cette importante entente que nous négocions. Je vais faire tout ce que je peux pour aider le Canada. »

Les deux Canadiens sont emprisonnés en Chine depuis que le Canada a arrêté en décembre à Vancouver, à la demande des autorités américaines, la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou. Le Canada a été pris dans le feu croisé entre Washington et Pékin après avoir arrêté Mme Meng, qui fait face à l’extradition aux États-Unis pour répondre à des allégations de fraude.

Selon David Mulroney, un ancien ambassadeur canadien à Pékin, il ne serait pas surprenant que la Chine ne souhaite pas organiser une rencontre bilatérale entre M. Xi et M. Trudeau.

« Si elle ne veut pas nous parler, c’est parce qu’elle croit nous avoir tout dit sur les conditions et les modalités d’une entente. On doit le comprendre et s’en satisfaire », a-t-il estimé.

La visite du premier ministre Trudeau à la Maison-Blanche, la troisième depuis que Donald Trump est devenu président en 2017, visait principalement à assurer la ratification législative du nouvel accord de libre-échange nord-américain, conclu l’automne dernier. Le Sénat mexicain l’a ratifié mercredi par une large majorité.

« C’est un de mes amis », a déclaré M. Trump au sujet du chef du gouvernement canadien.

« Nous avons travaillé dur ensemble. Nous avons travaillé, en particulier sur l’USMCA », a-t-il ajouté en faisant référence à l’acronyme du nom qu’il préfère donner au traité : l’accord États-Unis-Mexique-Canada.

Les deux hommes ont fait preuve d’enthousiasme en parlant du nouvel accord de libre-échange entre les trois pays de l’Amérique du Nord.

Donald Trump devrait toutefois persuader ses rivaux démocrates de la Chambre des représentants — plus particulièrement, sa présidente Nancy Pelosi — pour lancer le processus de ratification aux États-Unis.

Mme Pelosi et les démocrates veulent renforcer les mécanismes de contrôle sur les dispositions de l’accord concernant le travail et l’environnement.

M. Trump se voulait optimiste.

« Voyons voir ce qui se passera, mais je crois que Nancy Pelosi et la Chambre l’approuveront. Je crois que le Sénat l’approuvera rapidement. Je crois que Nancy Pelosi va faire la bonne chose à faire », a-t-il déclaré.

Le président était heureux de voir que Justin Trudeau avait pris rendez-vous avec Mme Pelosi et le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell pour discuter du traité.

La rencontre avec M. McConnell a été annulée en raison des tensions grandissantes entre les États-Unis et l’Iran.

Si le premier ministre cherchait à se tenir à l’écart des disputes intérieures américaines, il a néanmoins réaffirmé son opinion voulant qu’il s’agisse là d’une entente finale et qu’il soit hors de question de le négocier de nouveau. Selon lui, il pourrait en résulter des conséquences moins bonnes pour le Canada et les Canadiens.

« Nous reconnaissons que le processus de ratification est en cours aux États-Unis. Nous restons attentifs aux défis et aux occasions qui pourraient survenir au cours de ce processus », a dit M. Trudeau.