Les libéraux pensent avoir trouvé le «juste équilibre»

«On a trouvé le juste équilibre», se justifie le ministre fédéral de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne «On a trouvé le juste équilibre», se justifie le ministre fédéral de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne.

Le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain viendrait bel et bien augmenter la production de gaz à effet de serre (GES) au pays, concèdent des députés libéraux fédéraux, mais il est nécessaire pour financer la transition énergétique, à leur avis.

« On a trouvé le juste équilibre », se justifie le ministre fédéral de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne. Il suggère même que l’augmentation des GES prévue sera « une conséquence de l’accélération » de la fin des énergies fossiles, selon lui.

Dans un rapport produit en 2016, l’Agence canadienne d’évaluation environnementale prévoyait que, compte tenu de la capacité ajoutée grâce au projet, les émissions de GES en amont pourraient varier de 13 à 15 mégatonnes additionnelles par année.

Selon Équiterre, ce serait l’équivalent de l’ajout de trois millions de voitures sur les routes en termes d’émissions de GES.

Cette future augmentation de GES n’empêchera pas le Canada d’atteindre ses cibles internationales, martèlent les députés libéraux fédéraux.

« Nos objectifs restent les mêmes, affirme le député libéral Joël Lightbound. Quand on finance l’électrification des transports, quand on finance le transport en commun, on vient baisser nos émissions de gaz à effet de serre et c’est l’objectif du gouvernement. »

« Le but, ce n’est pas d’augmenter la production de pétrole, mais plutôt d’assurer qu’il y ait un plafond d’émissions de gaz à effet de serre », ajoute de son côté la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly.

Même le libéral Nathaniel Erskine-Smith, qui a déposé un projet de loi pour forcer son gouvernement à atteindre l’objectif « zéro émission nette » en matière de GES d’ici 2050, s’est rallié au plan.

« Selon moi, on ne devrait pas pointer du doigt un seul projet pour voir si nous avons du succès ou non pour combattre les changements climatiques. Ce qui m’intéresse, c’est notre perspective d’ici 2030, d’ici 2050 », a-t-il dit.

M. Erskine-Smith ajoute que, même sans ce projet, les Canadiens continueront d’utiliser les combustibles fossiles, qu’ils soient transportés par pipelines ou par trains.

L’oléoduc Trans Mountain a animé la période de questions à Ottawa, mercredi, au lendemain de l’approbation du gouvernement Trudeau.

Le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique, Alexandre Boulerice, a accusé le gouvernement Trudeau d’essayer de faire « diversion » en créant un « Fonds vert » avec les éventuels profits du pipeline.