Mission au Mali: l’armée canadienne entamera un retrait «graduel» en août

Le Canada a déployé huit hélicoptères et 250 militaires au Mali pour appuyer une mission de l'ONU depuis juillet 2018.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le Canada a déployé huit hélicoptères et 250 militaires au Mali pour appuyer une mission de l'ONU depuis juillet 2018.

La mission de maintien de la paix de l’armée canadienne au Mali va durer un peu plus longtemps que prévu, mais pas aussi longtemps que les Nations Unies l’espéraient.

La mission du Canada dans la nation africaine devait cesser à la fin du mois de juillet. Les huit hélicoptères et 250 militaires qui fournissent une aide au transport et à la logistique dans le cadre d’une mission de l’ONU dans ce pays devaient rentrer chez eux.

L’ONU avait demandé au Canada de rester jusqu’au mois d’octobre, lorsque les troupes roumaines arriveront, afin de réduire au minimum les lacunes dans les évacuations médicales qui pourraient sauver la vie de Casques bleus blessés.

Affaires mondiales Canada annonce maintenant que sa force aérienne entamera un « retrait graduel » à la fin du mois de juillet et que ses opérations se limiteront aux évacuations médicales jusqu’au 31 août.

Une petite équipe canadienne de transition aidera la Roumanie à préparer le début de ses opérations, notamment en fournissant quatre avions C-17 pour l’envoi de troupes et d’équipements.

Le ministère indique dans un communiqué que la décision reflète les conseils stratégiques fournis par Forces armées canadiennes et devrait « minimiser les perturbations » dans les services d’évacuation médicale.

Pas une prolongation

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, insiste sur le fait que cette annonce ne signifie pas que le gouvernement prolonge la mission.

« Jusqu’à la fin du mois de juillet, nous maintiendrons toutes les missions que nous avons menées. Cependant, pour que la transition se fasse en douceur, nous allons nous concentrer strictement sur les évacuations médicales afin que nous puissions commencer à faire cette transition », a-t-il déclaré en anglais devant des journalistes à l’extérieur de la Chambre des communes.

« Les troupes canadiennes ont déjà commencé à déplacer l’équipement non essentiel du Mali », a renchéri la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Elle a présenté le retrait graduel comme « un plan pratique et pragmatique pour assurer une transition en douceur entre les rotations canadienne et roumaine » au Mali.

Demande de l’ONU

Depuis leur arrivée en juillet dernier, les troupes canadiennes ont effectué dix évacuations médicales, selon Affaires mondiales Canada.

À la fin du mois de février dernier, l’ONU avait officiellement demandé au Canada de rester au Mali jusqu’à la mi-octobre. Mme Freeland avait rejeté cette demande le mois suivant, à la suite d’un sommet sur le maintien de la paix à New York.

Les Nations Unies avaient signalé aux membres du comité de la défense de la Chambre des communes que les Casques bleus seraient contraints de réduire leurs activités si les Canadiens ou les Roumains n’étaient pas disponibles pour des évacuations d’urgence.

Le ministre Sajjan dit ignorer la date précise à laquelle le contingent roumain arriverait.

« Mais en ce moment, à partir des informations dont nous disposons, nous avons pu parvenir à la conclusion qu’une transition minutieuse axée strictement sur les missions d’évacuation médicale permettra la même transition que celle que nous avions reçue », a-t-il indiqué.

Raisons nébuleuses

La raison pour laquelle le gouvernement a refusé de prolonger la mission jusqu’en octobre n’a pas été précisée, mais un rapport du comité de la défense laisse entendre que les responsables militaires s’inquiétaient de la condition mécanique des hélicoptères et souhaitaient qu’ils soient disponibles en sol canadien.

Les libéraux sont également soupçonnés d’avoir fait un calcul électoraliste à l’approche du scrutin à l’automne.

La mission des Nations Unies au Mali, amorcée il y a six ans, tente de stabiliser le pays dans la foulée d’une rébellion et d’un coup d’État. Elle compte environ 16 500 militaires, pour la plupart originaires d’autres pays africains.