Andrew Scheer appelle le Québec à respecter le pétrole de l'Ouest

Outre le pétrole de l'ouest, le projet de corridor énergétique d'Andrew Scheer pourrait aussi permettre l'exportation d'hydroélectricité.
Photo: Cole Burston La Presse canadienne Outre le pétrole de l'ouest, le projet de corridor énergétique d'Andrew Scheer pourrait aussi permettre l'exportation d'hydroélectricité.

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, appelle les Québécois à respecter l'importance économique du pétrole de l'ouest canadien.

« Avec raison, tous les Québécois sont très fiers de l'hydroélectricité, de la création d'Hydro-Québec et de son rôle dans le développement du Québec », a fait valoir M. Scheer mardi, de passage à Edmonton. « Je souhaite aussi que les Québécois comprennent et respectent que les Canadiens des autres provinces souhaitent pour leur part que le Canada puisse profiter de l'exportation de notre richesse pétrolière et gazière », a-t-il poursuivi, dans un discours qui portait sur sa vision de la Confédération.

Le chef conservateur revenait ainsi sur sa promesse de créer un corridor énergétique qui traverserait le Canada pour y transporter les diverses ressources naturelles du pays. Or, outre le pétrole de l'ouest, ce vaste corridor pourrait aussi permettre l'exportation d'hydroélectricité, a-t-il argué.

« Il va de soi que ça ne se fera pas contre la volonté d'une ou de plusieurs provinces », a assuré M. Scheer. « Je souhaite que tous les Canadiens, y compris les Québécois, reconnaissent qu'il y a assez de place au Canada pour une industrie pétrolière et une industrie hydroélectrique dynamiques et concurrentielles », a-t-il toutefois répété devant son auditoire albertain.

Andrew Scheer a promis, dans le passé, de relancer un projet d'oléoduc comme celui d'Énergie Est, qui devait transporter du pétrole de l'Alberta vers la côte est en passant par le Québec. Les conservateurs affirment maintenant qu'ils appuieraient s'ils étaient élus la construction d'un oléoduc vers l'est, mais pas au même tracé qu'Énergie Est qui avait été vivement contesté avant d'être abandonné par TransCanada.

Cette portion du discours du chef visait aussi à noter que le corridor énergétique des conservateurs pourrait favoriser l'hydroélectricité, et non pas seulement le pétrole que le premier ministre québécois François Legault a qualifié de « pétrole sale ».

Pas de veto provincial

Andrew Scheer a en outre promis, dans ce quatrième de ses discours politiques, qu'il respecterait l'indépendance et les champs de compétence des provinces.

Le chef a toutefois affirmé, à l'instar de son hôte le premier ministre albertain Jason Kenney, qu'« aucune province ne devrait avoir un veto sur les enjeux d'intérêt national qui relèvent clairement de la compétence fédérale ».

Quant à la taxe carbone que les libéraux fédéraux ont imposé aux provinces qui ont selon eux un plan de réduction des gaz à effet de serre insuffisant, Andrew Scheer l'a critiquée à son tour en la qualifiant de « trahison » de l'esprit de ce que devrait représenter la Confédération. « Je suis ici pour vous dire sans équivoque que ce n'est pas le Canada qui a tourné le dos à l'ouest. C'est Justin Trudeau. »

Andrew Scheer a par ailleurs promis de plancher sur un accord de libre-échange interprovincial, s'il est élu l'automne prochain. Pour ce faire, il convoquerait une rencontre des premiers ministres fédéral, provinciaux et territoriaux dans les 100 premiers jours de son gouvernement et nommerait un ministre responsable du Commerce interprovincial.