Conversation «cordiale» au sujet de l’avortement entre Trudeau et Pence

La brève visite d’une journée à Ottawa de Mike Pence est sa première en tant que vice-président des États-Unis.
Photo: Lars Hagberg Agence France-Presse La brève visite d’une journée à Ottawa de Mike Pence est sa première en tant que vice-président des États-Unis.

Ça aura été une conversation « cordiale » au terme de laquelle les deux hommes ont convenu de ne pas être d’accord. Justin Trudeau et Mike Pence ont parlé du droit à l’avortement lors de leur tête-à-tête jeudi à Ottawa.

En conférence de presse en après-midi, le vice-président américain a exprimé sa « grande fierté » de faire partie d’une administration « pro-vie ». Le premier ministre a souligné la « différence de perspective » qu’il entretient sur le sujet.

À la veille de la visite de M. Pence, mercredi, le premier ministre Trudeau avait annoncé qu’il soulèverait la question. Il se disait alors préoccupé par le recul des droits des femmes au sud de la frontière.

Plusieurs lois limitant le droit à l’avortement ont été adoptées ces derniers mois dans différents États. Le vice-président Pence est un ardent défenseur des droits de ceux qu’il appelle les « Américains non nés ».

En se présentant devant les journalistes après leurs réunions officielles, les deux hommes ont dressé la liste des sujets dont ils ont discuté. L’avortement brillait par son absence. Mais en réponse à une question, M. Trudeau a confirmé qu’il en avait bel et bien parlé à M. Pence. Invité à dire si le sujet l’avait froissé, le vice-président a répondu que la conversation avait été « très respectueuse ».

Le commerce au coeur des échanges

Dès son arrivée, M. Pence, en visite à Ottawa jeudi, s’est d’abord entretenu avec le premier ministre Trudeau pendant un peu plus d’une demi-heure avant que les deux hommes ne rejoignent une réunion à laquelle étaient invités les membres du Conseil canadien de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique.
 

« Nous travaillerons de près avec le Canada et avec nos voisins au Mexique et nous compléterons l’AEUMCA cette année », a promis le vice-président américain devant les journalistes invités à assister aux premières minutes de cette réunion.

« Notre administration travaille avec les leaders du Congrès des États-Unis avec le plus grand sérieux afin d’approuver l’AEUMCA cet été », a-t-il assuré.

Le vice-président a également déclaré que Justin Trudeau, comme Donald Trump, n’avait pas fait de cadeau lors des négociations pour conclure cet accord qu’il a qualifié de « gagnant-gagnant-gagnant » pendant que la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, souriait et approuvait en hochant la tête.

Le premier ministre a déclaré qu’il tenait à remercier les membres de ce conseil qui ont travaillé « très, très fort ces deux dernières années ».

La brève visite d’une journée à Ottawa de M. Pence est sa première en tant que second de Donald Trump. Le président lui-même n’a jamais effectué de visite officielle à Ottawa depuis son élection en 2016 — il était toutefois venu au Canada en 2018 pour le sommet du G7 dans Charlevoix.