Les conservateurs voteront contre l’urgence climatique

Andrew Scheer estime que le gouvernement libéral, et le premier ministre Justin Trudeau en tête, n’agit pas en conformité avec le discours environnemental qu’il tient.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Andrew Scheer estime que le gouvernement libéral, et le premier ministre Justin Trudeau en tête, n’agit pas en conformité avec le discours environnemental qu’il tient.

Le chef conservateur Andrew Scheer refuse de se faire étiqueter mauvais sujet en matière d’environnement. Son parti s’opposera aux motions libérale et néodémocrate décrétant qu’il y a « urgence climatique », mais seulement pour dénoncer l’hypocrisie du gouvernement et le rejet des pipelines par le NPD. Car sur le fond, assure M. Scheer, son parti croit qu’il y a urgence d’agir.

« Les Canadiens en ont marre des gestes symboliques, a lancé M. Scheer. Nous sommes dans les derniers jours d’un gouvernement libéral miné par les scandales et ils utilisent du précieux temps aux Communes pour ce geste symbolique plutôt que de poser de réels gestes concrets. »

M. Scheer estime que le gouvernement libéral, et le premier ministre Justin Trudeau en tête, n’agissent pas en conformité avec le discours environnemental qu’ils tiennent.

« C’est clair que M. Trudeau est un hypocrite sur les questions de CO2. Il a voyagé à bord d’un avion privé à Tofino pour ses vacances, il a voyagé de la Floride à Ottawa quatre fois en trois jours. Ce ne sont pas les actions de quelqu’un qui croit que les changements climatiques sont une situation urgente. » Le premier ministre canadien n’est pas autorisé à prendre des vols commerciaux pour des raisons de sécurité.

La motion libérale, qui sera débattue ce jeudi, vise à déclarer que le Canada « est en situation d’urgence climatique nationale » et qu’il faut en conséquence réduire les émissions de gaz à effet (GES) de serre de manière à maintenir le réchauffement planétaire sous la barre des 2 degrés. La ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, ne s’est pas cachée qu’elle cherchait à forcer les conservateurs à se commettre, eux qui s’opposent avec véhémence à la taxe sur le carbone sans dire par quoi ils la remplaceraient pour combattre les changements climatiques.

M. Scheer juge malhonnête de poser le débat en ces termes puisqu’à son avis, la taxe sur le carbone ne contribuera pas à diminuer les émissions de GES. L’abolir n’aura donc pas d’impact sur la capacité du Canada d’atteindre ses cibles, prétend-il. Il admet cependant que « c’est clair qu’il y a une urgence » et que tous les paliers de gouvernements « doivent travailler ensemble » ainsi qu’avec les autres pays « pour réduire nos émissions ». M. Scheer tentera d’amender la motion libérale pour lui faire dire que le plan libéral « n’a aucune chance d’atteindre les cibles de [l’Accord de] Paris. » À défaut de quoi, il s’y opposera.

La motion néodémocrate, pour sa part, non seulement décrète l’urgence climatique, mais demande la fin des subventions aux énergies fossiles et la mise sur la glace de l’agrandissement du pipeline Trans Mountain. « La planète est littéralement en train de brûler », a lancé le député néodémocrate Peter Julian au cours du débat mercredi.

Les conservateurs s’opposeront aussi à la motion du NPD « parce que nous appuyons la construction d’oléoducs », a expliqué M. Scheer.

Les libéraux feront de même au motif que certaines subventions aux énergies fossiles sont versées aux autochtones et aux gens vivant dans des communautés nordiques pour compenser les coûts élevés du diesel qu’ils sont obligés d’utiliser. « Le NPD n’a pas réfléchi aux conséquences. C’est complètement malavisé », a reproché le ministre des Services aux autochtones Seamus O’Regan, en déplorant que la proposition néodémocrate menace « les communautés les plus vulnérables, les communautés autochtones du pays ».