Libéraux et néodémocrates minimisent la victoire des verts en Colombie-Britannique

La chef du Parti vert, Élizabeth May, était ravie mardi matin de voir sa députation doubler aux Communes.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne La chef du Parti vert, Élizabeth May, était ravie mardi matin de voir sa députation doubler aux Communes.

Les deux formations politiques ayant perdu des plumes à l’élection partielle de lundi soir en Colombie-Britannique au profit du Parti vert minimisent la portée du résultat : libéraux et néodémocrates soutiennent qu’ils sauront mieux que la formation d’Elizabeth May offrir cet automne, à l’élection générale, un programme qui s’attaque non seulement aux changements climatiques, mais aussi aux autres enjeux auxquels la société est confrontée.

Mme May rayonnait mardi. « C’est un très bon jour pour le Parti vert. Je suis ravie du résultat. »

Avec l’élection de Paul Manly dans Nanaimo-Ladysmith lundi soir, elle double sa députation. En 2015, le NPD avait remporté cette circonscription confortablement avec 33 % du vote. Mais la lutte s’était faite à quatre, les candidats libéral (24 %), conservateur (23 %) et vert (20 %) s’étant chaudement disputé la seconde place.

Réactions des libéraux

Cette fois, le vote de gauche ou de centre gauche s’est réorganisé : le Parti conservateur est demeuré à peu près stable à 25 %, alors que le Parti libéral a perdu 13 points (à 11 %), le NPD 10 points (à 23 %) et que le Parti vert a engrangé la très grande majorité de ces pertes en obtenant 37 %.

Le chef libéral, Justin Trudeau, voit dans le résultat de lundi soir « un message clair que les Canadiens veulent de l’action sur les changements climatiques ». Il reconnaît qu’il lui faudra travailler « encore plus fort » pour s’assurer que les électeurs « choisissent un gouvernement qui va pouvoir lutter contre les changements climatiques, et pas juste un parti ».

La ministre Carla Qualtrough, qui représente une circonscription de la Colombie-Britannique, a voulu mettre en perspective le résultat. « Nous n’avons pas perdu de siège. On ne devrait pas l’oublier. »

Son collègue Jonathan Wilkinson, lui aussi de la province, a pour sa part mis en garde contre la tentation d’extrapoler les résultats de lundi à ceux à venir en octobre. « Une élection partielle est une occasion pour les gens de faire un choix en sachant qu’il n’affectera pas qui forme le gouvernement », dit-il. Il souligne aussi que les électeurs ont historiquement élu « les partis qui ont un programme qui touche tous les enjeux ».

Réponse de Singh

Le message est similaire du côté du chef du NPD.

Jagmeet Singh estime que le vote dans Nanaimo-Ladysmith est un vote « de protestation » parce que les électeurs « ne sont pas contents de ce gouvernement libéral qui a acheté un pipeline » — pipeline qui aboutit justement non loin de Nanaimo-Ladysmith. Il ne s’inquiète pas de l’apparente incapacité de son parti à canaliser ce vote de protestation.

M. Singh fait valoir que le programme du NPD sera plus étendu, la lutte contre les changements climatiques ne pouvant à elle seule tenir lieu de plateforme électorale.

À ces arguments, Elizabeth May réplique que les électeurs en ont soupé de se faire dire qu’ils devraient voter pour un gouvernement.

« Dans une élection générale, la question n’est pas seulement qui va former le gouvernement, mais quelle est la façon de travailler ensemble au Parlement », dit Mme May. Elle préconise l’élection d’un gouvernement minoritaire « avec plusieurs députés verts », parce qu’il sera plus susceptible de répondre à la crise climatique.

Le nouvel élu Paul Manly était un candidat connu.

Ce fils d’un ancien député néodémocrate avait voulu se présenter pour le NPD à l’élection de 2015, mais avait été rejeté apparemment à cause de son militantisme entourant la cause palestinienne. Il s’était alors porté candidat pour les verts.