Produits menstruels gratuits: Joly invite Québec à imiter Ottawa

La mesure proposée par Ottawa s’appliquerait à environ 480 000 travailleuses. La ministre Mélanie Joly pense qu’il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne La mesure proposée par Ottawa s’appliquerait à environ 480 000 travailleuses. La ministre Mélanie Joly pense qu’il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin.

Obliger les employeurs à offrir gratuitement à leurs travailleuses des produits menstruels ? Certains députés fédéraux ne sont pas enthousiasmés à l’idée mise en avant par le gouvernement de Justin Trudeau, mais Mélanie Joly la trouve si emballante qu’elle invite l’Assemblée nationale à Québec à emboîter le pas.

« Il y a des débats plus importants que ça au Canada », estime le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier.

Selon lui, les libéraux fédéraux tentent par cette mesure d’acheter le vote des femmes.

« Je fais appel à la responsabilité des gens. On veut un gouvernement plus petit, moins interventionniste, qui ne prend pas toujours les gens par la main. […] J’espère bien avoir l’appui des femmes. Je fais appel à leur intelligence là-dessus. Ce n’est pas le rôle de l’État de subventionner des tampons. »

Consultation

En vertu du Code canadien du travail, la fonction publique fédérale et les entreprises relevant de la compétence fédérale (banques, télécommunications, transport aérien, etc.) ont l’obligation de fournir gratuitement à leurs employés du papier de toilette, du savon, de l’eau tiède et un moyen de se sécher les mains.

Vendredi, la ministre de l’Emploi et du Développement social, Patty Hajdu,a annoncé son intention d’ajouter à cette liste les serviettes hygiéniques et les tampons. Il en va, plaide-t-elle, de l’égalité entre les sexes. La proposition fera l’objet de consultation d’ici le 2 juillet.

Le Parti vert et le NPD applaudissent, ce dernier faisant valoir qu’il s’est battu pour exempter ces produits de la taxe de vente. Mais le ton est plus dubitatif du côté conservateur et bloquiste, quoique aucun de ces partis n’ait adopté de position officielle.

« Quand je rencontre les citoyens et les employés fédéraux, ce n’est peut-être pas le premier sujet qui leur vient à l’esprit », dit Gérard Deltell.

Le discours est le même du côté du bloquiste Rhéal Fortin. « Ça ne m’apparaît pas être une priorité », dit-il avant d’ajouter que le Bloc ne sera pas « contre la vertu ».

Mélanie Joly

La mesure proposée par Ottawa s’appliquerait à environ 480 000 travailleuses. La ministre Mélanie Joly pense qu’il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin.

« On en appelle à tous les gouvernements partout à travers le pays qui ont la juridiction d’offrir des produits aux femmes lorsque vient le temps du mois où c’est le temps des menstruations. Si j’étais députée de l’Assemblée nationale présentement, je ferais une belle motion pour faire en sorte que les femmes partout à travers le Québec puissent avoir accès à des produits menstruels gratuits. »

Le ministre Bill Blair, qui soutient aussi l’initiative, rappelle que, dans sa communauté torontoise, des opérations de collecte de produits menstruels sont organisées régulièrement pour venir en aide aux « sans-abri ou aux personnes défavorisées ».

Les travailleuses ont-elles le même besoin ?

« Ce n’est pas qu’une question de coût, rétorque le ministre. Parfois, les gens n’ont juste pas la monnaie [nécessaire pour les distributrices] lorsque le besoin se fait sentir. »