Trudeau joint sa voix au concert de reproches contre le maire de Hampstead

William Steinberg a affirmé vendredi dernier que le projet de loi sur la laïcité représente une forme de «nettoyage ethnique».
Photo: Graham Hughes Archives La Presse canadienne William Steinberg a affirmé vendredi dernier que le projet de loi sur la laïcité représente une forme de «nettoyage ethnique».

Le premier ministre Justin Trudeau dit que le maire de Hampstead devrait s’excuser.

Vendredi dernier, William Steinberg a affirmé que le projet de loi sur la laïcité représente une forme de « nettoyage ethnique ».

Depuis, le maire a refusé de s’excuser malgré les nombreuses dénonciations à Québec comme à Ottawa.

En arrivant à la réunion du caucus du mercredi matin, M. Trudeau a ajouté sa voix au concert de reproches.

Affirmant que les paroles du maire étaient « inacceptables », le premier ministre a réclamé des excuses, après avoir rappelé sa propre opposition au projet de loi 21.

« On n’a pas besoin d’aller aux extrêmes. On peut débattre du projet de loi sans pousser trop fort », a-t-il dit.

« Il y a des gens qui sont extrêmement inquiets par ce projet de loi et je les comprends. Mais on ne devrait pas utiliser des propos comme ça », a-t-il ajouté. « Il y a assez de substance dans ce débat pour l’avoir de façon respectueuse », de l’avis du premier ministre.

Un de ses députés, Anthony Housefather, était aux côtés du maire de Hampstead, vendredi. Il a également dénoncé ses propos et trouve « dommage » qu’il ne s’excuse pas.

Le député libéral compte participer au prochain rassemblement contre le projet de loi, ce week-end à Montréal. Il croit que le maire Steinberg n’y sera pas.

Les conservateurs, à l’écart ?

Le député conservateur Gérard Deltell a refusé, deux fois plutôt qu’une, de condamner les propos du maire, sous prétexte que ce débat « appartient à la scène provinciale ».

« Quand on dit débat, bien évidemment, il peut y avoir des propos qui parfois peuvent surprendre, peuvent décevoir. Mais c’est ça, un débat politique », a offert le député Deltell, à la porte de la réunion de son caucus.

Pendant ce temps, son collègue Alain Rayes n’hésitait pas à condamner les propos « inadmissibles » du maire, à réclamer des excuses « le plus rapidement possible » et, du même coup, à exprimer publiquement son appui au projet de loi 21, se démarquant ainsi de la prudence des autres élus conservateurs.

« Il y a un gouvernement qui est légitime en ce moment, qui a été élu avec cette promesse, qui tente, par tous les moyens de la réaliser. Je pense que ce n’est sûrement pas en ayant des propos comme ça qu’on aide le débat », a déclaré M. Rayes à son arrivée au parlement.

Les responsables de dérapages

Pendant ce temps, à Québec, libéraux et caquistes s’accusaient mutuellement d’être responsables du « dérapage » du maire Steinberg.

« C’est sûr que ce que la CAQ fait au Québec, de façon générale, incite à ce genre d’excès. [...] Il y a des projets de loi qui sont divisifs et, évidemment, ça amène souvent à des excès », a accusé le chef libéral par intérim Pierre Arcand.

« Il n’y a pas de surprise qu’il y ait quelques dérapages, que ce soit émotif. [...] En n’ayant pas réglé le problème depuis 11 ans, c’est certain que ça permet à des gens de se diviser », lui a offert en réplique le premier ministre François Legault.