Élections: une ingérence étrangère est «très probable», selon Freeland

Selon Mme Freeland, le Canada a beaucoup à apprendre de pays comme l’Ukraine, considérée comme un véritable laboratoire de la «cyberingérence» et de la désinformation russe.
Photo: Damien Meyer Agence France-Presse Selon Mme Freeland, le Canada a beaucoup à apprendre de pays comme l’Ukraine, considérée comme un véritable laboratoire de la «cyberingérence» et de la désinformation russe.

La ministre canadienne des Affaires étrangères a soutenu vendredi qu’il était « probable » que des acteurs étrangers malveillants s’ingèrent dans le processus électoral fédéral en octobre.

Chrystia Freeland croit même que des entités étrangères ont probablement déployé déjà certains efforts pour perturber la démocratie au Canada.

Mme Freeland a tenu ces propos en France lors d’une réunion des ministres des pays du G7.

Le Groupe des sept est saisi de la question de l’ingérence étrangère dans les pays démocratiques, et Mme Freeland avait fait de cet enjeu une priorité absolue lors du sommet de l’an dernier dans Charlevoix.

La ministre n’a pas spécifiquement mentionné la Russie, mais de nombreuses informations concluent à une ingérence de Moscou dans la récente élection présidentielle en Ukraine.

Selon Mme Freeland, le Canada a beaucoup à apprendre de pays comme l’Ukraine, considérée comme un véritable laboratoire de la « cyberingérence » et de la désinformation russe.

« Ce n’est pas tellement qu’ils cherchent à obtenir un résultat particulier lors d’une élection : [l’objectif] est plutôt de rendre nos sociétés plus polarisées et de nous rendre, en tant que citoyens, plus cyniques quant à l’idée même que la démocratie puisse exister et fonctionner, a soutenu la ministre Freeland. Nous en sommes donc très conscients. »

L’ambassadeur ukrainien au Canada déclarait récemment à La Presse canadienne que les infrastructures critiques et numériques de son pays avaient été la cible de cyberattaques quotidiennes en provenance de Russie au cours de la dernière campagne présidentielle.

L’Ukraine continue de subir l’annexion par la Russie, en 2014, du sud de la Crimée et les troubles persistants dans la région de Donbass causés par des rebelles prorusses.

L’ancien ministre canadien des Affaires étrangères Lloyd Axworthy, qui a dirigé une équipe de 160 observateurs canadiens indépendants en Ukraine, soutenait que ce pays était capable de résister à la cyberingérence de la Russie. Par contre, il indiquait que les forces militaires plus conventionnelles de Moscou avaient empêché plus d’un million d’électeurs de se rendre aux urnes en Crimée et dans l’est de l’Ukraine.

Le Canada sera par ailleurs l’hôte d’une conférence internationale sur l’économie et les réformes politiques en Ukraine, en juillet, à laquelle participeront les ministres des Affaires étrangères des membres de l’Union européenne, du G7 et de l’OTAN.