Yves-François Blanchet demande à Justin Trudeau de dénoncer une chroniqueuse de CBC

Yves-François Blanchet a indiqué dans un autre gazouillis dimanche qu’il allait lui-même écrire à l’ombudsman de CBC.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Yves-François Blanchet a indiqué dans un autre gazouillis dimanche qu’il allait lui-même écrire à l’ombudsman de CBC.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a appelé le gouvernement fédéral à intervenir dans le contenu journalistique publié en ligne par le diffuseur public, CBC, en raison d’une chronique jugée anti-Québec, avant de tempérer ses propos.

Dans un gazouillis publié samedi soir, il a écrit que son parti « ne lâchera jamais le gouvernement Trudeau tant qu’il ne dénoncera pas son employée à la @ombudsmanrc@CBC ! ».

Il a ensuite indiqué dans un autre gazouillis dimanche qu’il allait lui-même écrire à l’ombudsman, puis enjoignait au premier ministre Justin Trudeau de commenter la situation, en ajoutant que Radio-Canada l’aurait « licencié en 15 min » s’il s’était retrouvé dans une situation similaire lorsqu’il était commentateur à l’émission Les ex.

Il a également précisé sur Twitter « qu’[à] aucun moment » il n’avait « demandé que @JustinTrudeau mette l’odieuse chroniqueuse à pied ».

M. Blanchet réagissait à une chronique, publiée par CBC vendredi, dans laquelle la chroniqueuse Robyn Urback dénonce la réaction « tiède » du premier ministre Justin Trudeau au projet de loi caquiste, qu’elle décrit comme une proposition « carrément raciste » qui incitera les Québécois « à se faire justice » pour l’appliquer.

« Ça va rebondir au Parlement, et j’espère que le premier ministre Justin Trudeau a des “mosus” de bonnes réponses à nous donner, parce que je trouve ça absolument inacceptable qu’une société d’État puisse cautionner des propos qui associent la nation québécoise à du terrorisme. »

Invité par Le Devoir à réagir dimanche en marge du Conseil national du Parti québécois, le chef intérimaire péquiste, Pascal Bérubé, a dit ne pas croire que le gouvernement Trudeau doit s’en mêler, même s’il partage l’indignation de M. Blanchet.

« Je pense que les politiciens ne devraient pas intervenir, à moins de cas extrêmes, dans tout ce qui est télécommunications, a-t-il affirmé. Moi, je serais mal à l’aise qu’un premier ministre ait à intervenir. Il a à le faire sur le plan budgétaire en envoyant un certain nombre de signaux. Pour le reste, je pense que, quand des propos sont abusifs, notamment ceux de Mme Urback, ils méritent d’être dénoncés. Il y a des instances pour ça. »

Il a cité en exemple l’ombudsman de CBC, auprès duquel les citoyens peuvent déposer une plainte, tout en prenant ses distances par rapport à la proposition du chef bloquiste, et a appelé le diffuseur public « à s’autoréguler ».

« Ces propos-là, comprenons-nous bien, je les dénonce haut et fort, a-t-il précisé. C’est inacceptable. C’est une incompréhension. »

CBC/Radio-Canada est une société d’État gérée par un conseil d’administration composé de 12 membres nommés par le gouvernement fédéral.

Le bureau du ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodgriguez, à qui le diffuseur public remet son rapport annuel, a répondu à Yves-François Blanchet dans un courriel envoyé au Devoir.

« La liberté de presse, c’est la base de notre démocratie, a écrit l’attaché de presse du ministre, Simon Ross. Au lieu de faire comme les conservateurs de Scheer et de Harper et d’attaquer l’indépendance et la crédibilité des journalistes, le Bloc québécois devrait la défendre. Qu’on soit d’accord ou non, ce n’est pas aux politiciens de dire aux journalistes quoi écrire ou ne pas écrire. »

La société d’État a répondu aux critiques en fin de journée dimanche. « Robyn Urback a écrit un texte d’opinion sur l’interdiction de signes religieux proposée par le gouvernement du Québec qui fait l’objet d’un débat. Dans la section opinion, les chroniqueurs peuvent adopter un point de vue pourvu qu’ils argumentent avec des faits », a écrit la chef des relations publiques de CBC, Kerry Kelly, dans un courriel.

Elle a ajouté que CBC News « s’assurait que la couverture d’enjeux controversés soit équilibrée au fil du temps », comme l’indiquent ses normes et pratiques journalistiques, disponibles en ligne.